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L'atelier de Fabeli
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L'atelier de Fabeli
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2 mars 2011

Pluie

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Merde! Il pleut!
Parapluie oublié. Coiffure foutue, chaussures mouillées.
Fichue journée, ciel gris plombé.
Flaques à sauter, gerbes d'eau sale. Courir, courir encore.
Où s'abriter? Rue liquide et sans espoir.
Galoper sur le trottoir. Flaque, flaque, flaque.
Manteau mouillé, claquer des dents.
Chaussures éponges, flac! Flac! Flac!
Cheveux trempés sur joues glacées.
Pluie, vent. Pluie, vent. Tango torride des éléments.
Lutte acharnée. Ne pas lâcher. Pas s'envoler.
Pluie, vent. Pluie, vent. Liaison fatale.
S'arque- bouter. S'envelopper. Se resserrer.
Livrer bataille au couple infernal.
Lutter, lutter, lutter.
Rue torrentielle, pavés glissants.
Piétons brindilles, voitures poissons.
Garder le cap. Courir, courir, courir.
Yeux embués. Presque arrivée.
Trouver sa porte, trouver sa clef.
S'engouffrer, s'effondrer, respirer.
Se secouer, déshabiller, éponger, frictionner.
Eternuer, coup de froid, s'emmitoufler.
Envie d'un thé, mettre de l'eau à chauffer.
Tasse et cuillère, arôme d'herbes sèches.
Lumière tamisée, musique douce, coussins câlins, jambes repliées.
Se retrouver, se reposer. Petites gorgées de volupté.
Dehors, pluie d'orage, vent de rage, valse violente.
Dedans, cocon chaleur, ventre douceur.
Fermer les yeux, s'envelopper de patience...


Après la pluie, vient le beau temps!


© Fabeli

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2 avril 2011

Taille de printemps

"Chaque fois que je m'éloigne d'une page fraîchement écrite, je découvre à mon retour ce qui a fané sur les rameaux de papier,recroquevillé d'être inutile. Le temps qui passe est un ami précieux qui nous dépouille du superflu"

Christian Bobin

P4020010

Ecrire, laisser couler les mots sur le papier, nappe liquide couvrant le blanc inerte.

Partir, laisser la toile d'encre livrée au silence, aller s'agiter dans le quotidien, s'oublier en petits actes jamais inutiles.

Revenir, reprendre le fil des mots, biffer, rajouter, éloigner, rapprocher. Couper, aussi, un peu, beaucoup, le plus justement possible.

Partir. Revenir, encore.

Ecrire, toujours.

19 février 2011

Les clefs

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Je n’aime décidément pas les clefs. Elles me gênent constamment. Dans la poche, elles forment une bosse disgracieuse, dans le sac, elles se perdent et se dérobent à ma main qui les cherche. A l’instant où je les trouve, elles m’échappent et heurtent le sol avec un bruit métallique qui attire les regards sur moi. Il faut à présent que je me baisse pour les ramasser. La sangle de mon sac glisse et me voilà jonglant entre le sac fuyard et les clefs indociles.
Décidément je n’aime pas les clefs. On peut très bien vivre sans elles. Il suffit de le vouloir. Ne pas fermer les portes et les tiroirs, ne pas cadenasser coffres et placards. Les objets que nous enfermons à double tour ne cherchent pas à s’échapper. Ils vivent leur vie d’objets utiles et immobiles sans arrière-pensée. Alors à quoi bon donner un tour de clef ? Je propose une journée sans clef, la journée des portes ouvertes. Une journée pour vivre sans la dictature des clefs.
-Les clefs au placard !Les clefs au placard !

Jetons nos clefs par-dessus l’épaule et faisons un vœu. Le vœu de libérer le monde de ses enfermements et de ses blocages.
De toutes façons, à bien y regarder, nous enfermons souvent des objets sans valeur. Tel jouet de pacotille, telle lettre d’amour ne seront précieux que par la charge sentimentale qu’ils portent en eux. Et si je choisis de garder ce petit bonhomme de plastique bleu, c’est en souvenir de l’enfant qui me le porta, trésor déposé avec fierté au creux de ma main. Mais la valeur de nos objets n’a pas besoin de clef. Personne ne voudra me prendre ce jouet, et personne ne pourra s’approprier le souvenir qui est en moi. Aucune clef au monde n’a ce pouvoir là.

Quant à l’amour que renferme cette lettre jaunie par le temps, la puissance d’une clef ne pourra l’ôter. C’est dans ma mémoire qu’il est à jamais inscrit. Mot après mot, lettre après lettre, j’ai dans la tête le parfum de l’être cher et le son de sa voix, sa démarche si particulière et la chaleur de sa joie. Et celui qui profitera de ma porte ouverte et saisira la lettre, ne contemplera, étonné, qu’un vulgaire bout de papier. Maigre butin qui jamais ne le consolera de son larcin.
A quoi bon, vous dis-je, garnir sa maison de serrures, cadenas et combinaisons chiffrées ? Toujours affûté, le voleur brisera aisément nos efforts de boucler.

Plutôt que de transformer nos maisons en prison, libérons nos objets de la contrainte des clefs. Organisons sans remord l’évasion du fatras amassé dans la crainte. Allégeons dans la joie nos armoires et étagères. Donnons, jetons, brûlons ! Avec enthousiasme et sérénité débarrassons-nous de ce fardeau si lourd qui entrave nos vies. Et de ce coquillage jadis ramassé, nous garderons le souvenir du sable sous nos pieds et des embruns parfumés. Mais à la plage qui l’enfanta nous rendrons volontiers ce coquillage nacré.

© Fabeli


3 février 2011

Faim de vie

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Tu dois crever de faim. Je crois entendre tes miaulements agacés.
Tu vas de la porte aux fenêtres, tu me cherches, tu t'inquiètes, tu ne comprends pas. Comment ai-je pu te laisser seul? Tu grattes sans doute à la porte du buffet, espérant me voir revenir.

Ils ne m'ont pas donné le temps de te nourrir. Au bruit de leurs bottes dans l'escalier, j'ai prié pour qu'ils passent, encore une fois. Mais c'est à ma porte qu'ils ont cogné. Mon cœur a bondi et tu as filé sous le fauteuil. Ils sont entrés, j'ai crié, ils ont hurlé, m'ont emmenée.

Un semblant de soleil s'acharne sur la vitre sale. Dans un sanglot, ma voisine montre du doigt un gros homme strictement sanglé dans un uniforme. Il tient devant ses yeux une feuille. Dans un raclement de gorge, il s'assure de retenir l'attention de notre pauvre assemblée. Tous les regards se figent, toutes les épaules se tassent, tous les ventres se crèvent de peur. Le gros homme se redresse. Ses lèvres lâchent le premier nom.

Que vas-tu devenir?


© Fabienne Rivayran 2010




6 janvier 2011

Ritournelle de la faim

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JMG Le Clézio
Prix Nobel de littérature 2008

De Le Clézio, je gardais en mémoire « La ronde et autres nouvelles », qui m’avait impressionnée. Je voulais à présent lire de cet auteur un roman. J’ai été servie ! Un vrai roman qui raconte une histoire, avec des personnages qui se détachent des pages pour prendre vie, avec de la lumière, de la pluie, du soleil. Avec des sentiments, aussi. Des cœurs qui battent, des voix qui chuchotent ou s’emportent. Un vrai roman.

L’histoire d’Ethel, une jeune fille qui passe de l’enfance à l’adolescence au moment où la France passe de la paix à la guerre. Mais il n’est pas question ici de guerre "guerroyante", de combattants "combatifs". L’héroïne, c’est Ethel et non pas l’Histoire. Ethel qui découvre que le paradis de l’enfance reste inaccessible et que le monde des adultes a bien des visages. Celui de ses parents, englués dans leurs rancoeurs conjugales, de sa famille, ces Mauriciens venus s’établir en France avec une fortune parfois trop « voyante », celui des escrocs reçus dans les salons des « pigeons » crédules, celui des soldats Allemands aperçus dans leurs machines de guerre. Celui de Xénia, surtout, l’amie de cœur. Xénia qui appartient à l’enfance et qui devra y rester.
On finit par comprendre en refermant ce roman que la mère de l’auteur transparaît derrière les traits de la courageuse Ethel. Il s’agit de rendre hommage à l’histoire maternelle, à cette « jeune fille qui fut malgré elle une héroïne à vingt ans »

J’ai beaucoup aimé ce roman même si j’ai eu du mal avec les 20 premières pages, ne saisissant pas le fil conducteur. Je croyais même avoir affaire à un recueil de nouvelles! Et puis le charme d’Ethel a opéré. Je me suis laissée emporter par l'énergie de cette jeune fille d’apparence fragile mais pourtant si déterminée.

J’ai aimé le style de l’auteur, à la fois très écrit et très libre. Pour une fois j’ai vu la guerre pour ce qu’elle a dû être pour bon nombre de Français. Quelque chose qui venait alourdir un quotidien déjà miné par des problèmes personnels. La grande Histoire tenue à distance par les petites histoires de tous les jours.
Un beau roman d'apprentissage, qui me donne envie de continuer à explorer l'univers de cet auteur.


Récemment, j'ai lu également ZIG ZAG, un recueil de nouvelles
écrit à quatre mains par de joyeux "polardeux".

Si voulait savoir ce que j'en pense, c'est par ici!!!





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25 novembre 2009

Dans l'eau du miroir...

miroir_billalSamedi dernier, je me suis baladée ICI, et ce que j'ai lu m'a emballé!

La consigne tenait en un mot, MIROIR.

Les défiants du Samedi se sont appliqués à visiter l'envers du miroir, chacun son style, chacun son décor, allez donc faire un tour, il y en a pour tous les goûts.

Pour ma part, je ne trouve plus le temps de participer aux défis du samedi, mais voilà, le miroir m'a donné à réfléchir...


Dans l'eau du miroir


Apercevoir la peau qui se met à pendre, chaque jour un peu plus, les cheveux, plus fins, moins nombreux. Accepter. Ou pas. Se battre, tricher, retoucher l'image, se donner l'illusion d'un pas en arrière?
Passer sur le côté pour éviter l'eau sale du miroir, passer en baissant les yeux, vaincu qui veut ignorer sa défaite.
Baisser la garde et recevoir de plein fouet la nouvelle : vieille !
Regarder en face cette vérité mortelle.
La fixer, ne pas perdre pied devant la glace, tenir sa place.
Apprivoiser les nouveaux contours, s'imprégner, s'habituer.
Se reconnaître.

 

 

©Fabeli  2009

21 octobre 2010

Peur de quoi ?

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J’ai peur des bestioles qui se faufilent partout. J’ai peur de la foule quand elle se met en mouvement. J’ai peur du tonnerre au plus fort de l’orage. J’ai peur du vide, je ne supporte plus de sortir sur un balcon au-delà du 5ème étage. J’ai peur de l’eau profonde quand c’est tout sombre dessous et que mes pieds n’ont plus d’appui.

J’ai peur de rester seule. Pas pour quelques heures ou quelques jours. J’ai peur de rester seule pour le reste de ma vie. J’ai peur de ne pas y arriver. A ne pas rester seule.

Je n’ai pas peur de continuer. Je n’ai pas peur d’essayer. Je n’ai pas peur d’apprendre encore.
Je n’ai pas peur de moi, je me suis apprivoisée.   Je n’ai pas peur de vieillir mais je voudrais que ce soit bien. Je n’ai pas peur de l’univers à condition de garder les pieds sur terre.

Je n’ai pas peur de pardonner. Je n’ai pas peur de me tromper. Je n’ai pas peur de le dire.

Je n’ai pas peur des mots. Je n’ai pas peur de leur vérité. Je n’ai pas peur d’écrire.

Je n’ai pas peur d’avoir peur.

© Fabeli 22.07.10

19 octobre 2010

Les dessous de tables

N


Nicole Versailles
Editions Memory Press 2010

 

J’aurais pu le commander chez mon libraire, avec lui tout est possible.

Mais passer directement par l’auteure, imaginer la dédicace manuscrite, savourer ce lien postal entre elle et moi, un pas de plus vers la réalité d’une rencontre possible, un jour, peut-être…

Et puis, un midi, l’enveloppe est là, dans ma boite aux lettres. Débarrassés de leur habit de papier, « Les dessous de tables » sont entre mes mains. J’aime la couverture, blanc virginal barré de rouge, j’aime le clin d’œil de l’image inversée. Mais je n’ai pas le temps de lire, là. Juste 30 minutes, avant de repartir, rendez-vous chez le kiné.
Non, je l’ouvrirai ce soir, tranquille, après le dîner, quand la cuisine sera rangée, nettoyée, quand la fille aura fini de dire "maman-ci, maman-là", quand l'homme sera occupé à la télé ou à ses propres lectures, quand le linge sera mis à sécher, quand je pourrai rejoindre mon bateau-lit, celui qui m’emmène en voyage de lecture. Oh ! Que c’est loin, ce soir !

Donc, j'ai moi aussi regardé ce qu'il se passe sous la table, pendant ces repas de tous les jours ou de fête, quand on croit que tout va bien... et puis non, à bien y regarder, rien ne va, il y a des petites fêlures (et pas seulement sur la vaisselle!), il y a même parfois de grosses cassures.
Et voilà l'auteure qui entre en scène et met en lumière les fêlures, cassures et autres brisures de vie.

Chaque histoire est concoctée avec précision, il y en a pour tous les goûts. Un petit meurtre par-ci, un chagrin d'amour par-là, de vilains souvenirs qui reviennent à la gorge... Bon appétit, m'sieur-dames!!! la vie est rarement un repas tranquille!

Mes trois préférées

L’échange- Les amis de Gustave- Une bonne soupe en sachet.



19 août 2010

La fenêtre ouverte

fen_tre_ouverte_matisse  Matisse : "la fenêtre ouverte " 1905

 

Je voudrais peindre ce que je vois de ma fenêtre ouverte, celle de ma chambre qui est au premier étage, parce que du rez-de-chaussée on ne voit rien que les murs gris de l’épicerie. Mais au premier, de ma chambre, on voit déjà la mer.


C’est une fenêtre ordinaire, à deux battants, surmontée d’une partie fixe comportant deux carreaux. Les deux battants sont de la taille d’un homme, c’est ce qu’on appelle, je crois, une porte-fenêtre. Lorsqu’on ouvre cette porte-fenêtre, il y a comme un espace entre le cadre et la balustrade. Ce n’est pas une terrasse, à peine la place de poser deux ou trois pots de fleurs bien garnis, dont une plante grimpante au feuillage clair. Elle s’est appropriée le pourtour de l’encadrement, comme un feston végétal soulignant la vue. Cette vue, justement, a de quoi contenter l’observateur le plus réticent. Dans ce cadre de verdure délicatement agité par la brise, on embrasse du regard un morceau de la crique où sont amarrés de petits voiliers multicolores. Selon l’heure du jour à laquelle on ouvre la fenêtre, les couleurs sont vives et brûlantes ou bien douces et apaisantes.

C’est au milieu de la matinée que je préfère poser les yeux sur ce tableau charmant. L’estomac content d’avoir avalé deux bols de café au pain trempé, j’aime cette heure où je remonte d’un pas lent à ma chambre, sûr d’y trouver ma femme tapotant les draps en chantonnant. Elle s’affaire, met de l’ordre, dépoussière et, pour ne pas trop gêner, je me plante devant la fenêtre ouverte. Je pourrais attendre, en bas, qu’elle ait terminé. Mais j’aime ces quelques instants ordinaires, moi, devant ma fenêtre ouverte, à humer le temps qu’il fait, la lumière qui passe, elle, dans mon dos, légère, d’une gaieté sincère, fredonnant un air du pays. Pour finir, nous échangeons trois mots sur le fil de la journée, que mangerons-nous à midi, puis elle me quitte, joue tendue pour un baiser, une autre chambre à faire, un enfant à baigner.


Je voudrais rendre, si je savais y faire, la quiétude de ces matins-là, le doux balancement des mâts, l’ondulation exquise de l’eau, les corolles soyeuses d’une plante dont j’ignore le nom mais qui frémit timidement quand l’effleure le souffle léger du vent.


Sur une toile blanche je poserai du bleu, du vert, beaucoup de rose, du pâle, du foncé et de l’orangé, aussi, qui vibre dans la lumière du soleil. De ces couleurs qui n’existent vraiment que dans l’air de ces heures-là, dans la brume matinale qui brouille l’horizon, dans le bruissement de la chaleur à venir, comme une vibration immobile que devine l’œil, un infime tremblement de l’image qui n’existe pas, que l’on ne peut nommer, à peine le sentir, au bord des paupières, une impression.

Ce texte a été publié dans la revue en ligne Ecrits Vains en octobre 2008

© Fabienne Rivayran 2008




3 août 2010

Où vas-tu?

route

 

Je ne sais pas.

Je suis partie le jour de ma naissance et j’avance.

C’est une route praticable. Elle peut être belle. C’est à voir.

Avancer. Pas le choix. Immobile impossible.

C’est par où ? C’est par-là ?

Droit devant, tout tracé.

C’est pas sûr. Je tâtonne.

Hésitations

Suppositions

Dérisions.

Impossible immobile.

Je marche sur les traces, m’en détache, m’en détourne.

Mon empreinte veux creuser.

C’est par où ? C’est pour quoi ?

C’est pour rien, pour finir en pluie fine, en coquillage, en reptile.

C’est par où ? Dans quel sens ?

J’avance.

Une lumière j’aperçois, tout au fond, minuscule,

Qui fait taire ma déraison.

 

© Fabeli Mai 2008

6 février 2010

"Il y a un temps pour tout"

J'aime cette petite phrase qui me donne à la fois de l'espoir mais aussi du courage pour me mettre au travail.

Il y a un temps pour tout, un temps pour finir le projet que l'on s'était fixé, un temps pour acheter de grandes enveloppes sur lesquelles on écrit d'une main un peu tremblante (si, si!) mais appliquée des adresses soigneusement sélectionnées. Un temps pour poster les enveloppes. Et maintenant commence le temps de l'attente...

Mais attendre comme ça, les bras ballants, non, très peu pour moi. Puisqu'il y a un temps pour tout, le temps de se remettre au travail est venu.

Souvenez-vous, je vous l'ai dit , je voudrais écrire des histoires d'amour.

C'est mon nouveau projet !!! Des histoires d'amour à ma sauce, et tant pis si le rose n'est pas ma couleur préférée. On verra bien ce qui en sortira...

Il y a un temps pour tout, un temps pour écrire, et pour ça justement, j'ai besoin de temps.

Alors il va falloir m'excuser mais là, tout de suite,
je vais prendre quelques vacances de blog.
Je ne peux pas être partout, n'est-ce pas,
et comme je me vois mal me mettre en vacances de mon rôle
de mère, d'épouse et de salariée,
je vais au plus facile, je mets
l'Atelier en pause !!!


Parce qu'il y a un temps pour tout...si vous me cherchez, je suis làPICT1445


A bientôt et merci à tous pour votre fidèle soutien.

2 février 2010

Dis Fabeli, qu'est-ce que tu vois ?


 

52poisson

Je vois un bureau en désordre.

Je vois mon nouveau bureau en grand désordre.

Je vois trois dictionnaires, un dictaphone, une agrafeuse, des feuilles volantes très importantes, un carnet à secret, un pot à mots et un pot à crayons.

Je vois mon ordinateur, mémoire fidèle et si fragile.

Je vois un nom sur un bout de papier, très important, ce nom. Ne pas l'oublier.

Je vois deux livres lus et un poste de radio muet, une boite à senteur et un calendrier dont je vais tourner la page.

Je vois des fragments de poèmes collés au mur, devant mes yeux, et une liste de concours que je ne pourrais pas tenir.

Je vois la photo de mes filles et un poème, écrit par l'une d'elle.

Sur la tapisserie, quelques poissons affairés ne s'occupent guère de mes habitudes.

Je vois mon univers d'écriture et j'en suis fière.

 

© Fabeli 02.02.10

 

27 janvier 2010

Un pépin pour Lechat (6/6)

-Alors, Lechat, cette enquête?

-C'est confus, chef! Tout le monde a tout vu, personne ne sait rien… j'ai plusieurs suspects, bien sûr, mais…

-Mais quoi, Lechat? Il n'y a pas de mais. Vous avez vu la nouvelle circulaire? Les quotas, Lechat, les quotas! OSS 2010. Objectif Super Sécurité pour 2010. Une arrestation par homme et par jour.

-Oui, chef, je sais bien, mais…

-Lechat, vous êtes un garçon intelligent. Votre carrière. Vous la voyez, votre carrière? Un bureau. Vous en rêvez d'un bureau. Un bureau à vous tout seul, avec une machine à café, un micro ondes. Finie la mal bouffe de la cantine, les crapahutes sur le terrain! OSS 2010. Un jour, un homme, un coupable. Et grouillez vous! Le concours, c'est en septembre. Avec un bon dossier…Vous n'êtes pas tout seul à vouloir un grade de brigadier-chef. Pas tout seul! Regardez Monier, la petite qui vient de rentrer. Elle en veut, Monier, elle en veut!

-Chef! Une arrestation, je veux bien, moi! Mais je ne vais pas en pêcher un par hasard pour nourrir des quotas!

-Je ne me suis pas bien expliqué, Lechat?

-Si, si, chef, j'ai bien compris. OSS 2010, chef!

 


 

Ah! Monsieur l'agent! Alors, des nouvelles? … Si c'est pas malheureux de voir ça! C'est un quartier tranquille, ici, des braves gens. Tout le monde connaît tout le monde, pas de méchanceté, pas de malveillance. On se croyait à l'abri de ces choses terribles qu'on voit à la télé. Mais là, avec ce qui s'est passé ce matin, c'est le début de la fin.

Déjà que les affaires sont difficiles. On paye à droite, on paye à gauche, on travaille plus pour payer plus, et après, qu'est-ce qu'il nous reste après? Les yeux pour pleurer!

Vous allez le retrouver, ce bandit?

…Comment ça, c'est difficile? … Il faut être sûr? … Des preuves?

Bien sûr que j'ai des preuves! Trente ans! Voilà trente ans que tous les matins j'installe ma camelote devant la boutique. Trente ans que je monte des piles tirées au cordeau. Les plus belles du quartier! Un secret de famille, transmis de génération en génération. C'est toute une technique, monsieur l'agent, c'est mathématique. Tout vient de la base. Avec une bonne base, vous montez aussi haut que vous voulez.

Quand je suis rentré préparer la commande de monsieur Gérard, le patron du Berlingo, la pyramide, elle était parfaite. Parfaite! Tout en haut, il y avait cette grosse orange, magnifique. Je l'avais gardée exprès pour la fin. C'était beau! Même que j'en ai eu les larmes aux yeux.

J'ai pas honte de mon travail, moi, monsieur. On peut être épicier de quartier et aimer le travail bien fait. C'est de famille! Vous auriez vu les piles de loukoums que montait ma mère les jours de fêtes! Une merveille! Je me souviens, tout petit, je me glissais dans la cuisine, au milieu de toutes ces femmes, ma mère, mes sœurs, mes tantes. Je tétais l'odeur sucrée des pâtisseries mêlée au parfum troublant des peaux féminines. L'amour du métier, je l'ai chopé là, coincé dans l'angle de la cuisine, fasciné par ces mains agiles et ces bouches bavardes.

Alors, quand je vous dis qu'à neuf heures l'orange était là, c'est qu'elle était là, tout en haut de la pyramide. Et à neuf heures et quart, elle n'y était plus. C'est bien une preuve, ça?

 

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©Fabeli

9 janvier 2010

Trajet

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Pas envie d’aller travailler.

50 à l’heure, ne pas dépasser.

Guetter les feux rouges pour encore s’arrêter.

Haïr la boule verte, s’obliger à démarrer.

Traîner, traîner, laisser passer le piéton pressé,

Admirer les panneaux de publicité.

Ralentir, dos d’âne.

Ralentir, maux d’âmes.

Espérer la panne, surveiller les voyants,

Ecouter le moteur.

Rien à faire.

Rouler, rouler, subir le trajet, serrer la ceinture.

 

Envier l’oiseau, là, taquinant les nuages.

Rêver de voyages

Dans un pays sauvage.

Un abri dans les branches,

Trois fois rien sur les hanches,

Quelques baies rouges et blanches.

Du lundi au dimanche

Rien à faire que pêcher,

Flâner, rêvasser.

S’évader en pensée d’une pâle réalité.

S’envoler tout léger vers cet ailleurs désiré.

Flotter, flotter,

Naviguer à l’estime

Sur l’océan des rimes,

Se laisser porter tout en haut

De la belle vague des mots.

Dériver sans entrave sur une mer de phrase,

S’abriter des courants

Dans une anse loin du vent.

Se poser, jeter l’ancre,

S’amarrer sans remords

Aux môles fragiles de ce port

Ephémère et périssable.

 

Rouler, rouler, dans le trafic perturbé,

Par les rues encombrées.

Freiner, accélérer, freiner,

Se contraindre, s’obliger,

Se plier, s’affliger.

 

Saisir au passage quelques mots, une image,

Rebondir, repartir,

S’accrocher à l’idée d’un avenir espéré

S’arrêter, se garer, s’entêter à suivre son idée,

S’échapper, s’évader,

Sauter le mur,

Franchir la clôture,

Courir, s’enfuir…

 

Ne plus aller travailler.

 

© Fabeli

 

 

 

 

 

1 janvier 2010

savoir vivre

Savoir : v.t. (lat. sapere) 1/ être instruit dans quelque chose, être capable de…connaître.

 

Qu'est-ce que je sais ? Rien. Je n'ai pas envie de savoir. J'ai tout à apprendre. Une vie, au minimum.
Ne rien savoir, ne rien fixer, rester mobile, prêt à…

Je me souviens de Jean Gabin  qui affirmait d'une voix gouailleuse " je sais qu'on ne sait jamais "

Qu'est-ce qu'il y a à savoir?
La lumière du matin sur le monde, la couleur de l'amour; la main d'un enfant.

Rien de plus. Le reste n'est que balivernes.

Savoir oublier, ne pas retenir, lâcher prise, flotter. Garder l'envie de savoir, la curiosité du monde et de l'autre.

Le savoir, vaste marmite cuisinée à toutes les sauces.
Qu'y a-t-il à savoir?
Rien, si ce n'est savoir vivre.

 

© Fabeli

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13 janvier 2010

Mal d'écrire

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Je voudrais écrire du joli, du tendre, du beau. des histoires-rayon de soleil avec des mots-lumière qui scintillent doucement.

Mais non, tout ce qui sort de moi ce sont des histoires tristes et sombres, avec des mots durs, des phrases à tirer des larmes. Entre mes lignes on pleure, on souffre, on meurt. Derrière mes mots la vie est difficilement vivable.

Je croyais pouvoir écrire des histoires d'amour. C'est joli, l'amour, c'est bleu, c'est rose, ça donne des éclats de rire.

Seulement voilà, pas chez moi. A l'encre de mes mains, l'amour se transforme en excès, en douleur, en blessure. Alors ça me donne le cafard, ces histoires-là. Je n'ai même plus envie de les lire.

Est-ce que j'ai même envie de les écrire?

9 octobre 2009

Dis Fabeli, qu'est-ce que tu dis?

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Je dis que rien n'est simple. Je dis que tout reste à dire, surtout le bon, le tendre, le doux. C'est celui-là qu'il faudrait dire en premier. Le reste, le dur, la haine, l'envie, la jalousie, mieux vaudrait les taire ou bien hurler dans le vide pour crever l'abcès, se vider et laisser sécher à l'air libre. Mais c'est parfois plus fort que soi, les mots se bousculent, se battent entre eux, c'est à qui passera le premier. On a beau plaquer une main sur cette bouche malsaine, ça sort, ça déborde et les regrets n'y changent rien.

Et les mots doux, ceux qui sont au fond, planqués sous la pudeur, ils restent là, les mots doux. Parce qu'ils n'ont pas le courage de se battre, ce n'est pas dans leur nature. Un mot doux, par définition, il est doux, il a besoin d'un environnement approprié, il lui faut de l'intimité, du silence. On ne va pas se mettre à hurler des mots doux, ça n'a pas de sens. Alors on les entasse dans les creux de son âme, dans les replis de son cœur. Personne ne les voit, ils n'en sont pas moins là, tout doux, tout sages, ils attendent leurs tour. Mais parce que le monde est trop bruyant, ces mots doux que l'on finit par prononcer, personne ne les entend.

 

23 septembre 2009

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

9782253115847

D'après les critiques, c'est un livre "culte" (ouh! je n'aime pas du tout ce mot!)
C'est en tout cas l'unique roman publié par l'auteure.

L'histoire se passe dans une petite ville du sud des états unis, Alabama.
Scout Finch et son frère sont élevés par Atticus, leur père, avocat, à la suite du décès de leur mère. Une domestique noire assure le quotidien des enfants et de la maison.

Dans cette petite ville tranquille, attachée à ses traditions, figée dans les clivages racistes, tout bascule le jour où Atticus est désigné avocat d'office pour défendre Tom Robinson, un jeune homme noir accusé de viol par une jeune fille blanche.

Scout, la narratrice, raconte ces événements sur un ton léger, comme peut l'être une enfant de 8 ans face au monde des adultes. On s'attache très vite à cette petite fille  qui observe  avec attention son environnement familial et social et n'hésite pas à poser des questions parfois dérangeantes.

J'ai aimé ce roman qui évoque avec justesse la prise de conscience d'une partie de la population blanche dans les années 30. Le style de l'auteure est fluide, avec une touche d'humour bienvenue. La narratrice est tout de suite attachante, on la suit volontiers dans ses jeux de garçon manqué et dans ses raisonnements de fillette observatrice. L'histoire se déroule sur deux années et marque le passage de la petite enfance à la pré-adolescence de Scout, qui rechigne pourtant à porter des robes de fille!!! Les personnages secondaires sont bien campés, notamment les voisines de la maison Finch.

Le début...
"Mon frère Jem allait sur ses treize ans quand il se fit une vilaine fracture au coude, mais, aussitôt sa blessure cicatrisée et apaisées ses craintes de ne jamais pouvoir jouer au football, il ne s'en préoccupa plus guère."

 


15 septembre 2009

Entrez, entrez...

...la porte est ouverte, la lumière est à droite, oui, là, juste là...
ampoules

Voilà 2 ans que je bricolais sur le "Chantier", il était temps qu'il en sorte quelque chose!!!

Oui, je sais, pour l'instant c'est un peu vide mais j'ai bien l'intention de remplir cet espace avec tous ces mots qui se bousculent au bout de mes doigts.

Atelier: n.m (ancien français astelier, tas de bois, chantier, de astele, éclat de bois, du latin populaire astella*, planchette) Local où travaille manuellement un artisan

LOCAL...mais oui, c'est un local, même si les murs en sont virtuels. J'ai essayé de soigner la déco, un peu de couleurs par-ci par-là, quelque chose de simple et de clair, pour ne pas fatiguer les yeux.

TRAVAILLE...si, si, je travaille, presque tous les jours. Parfois les mots ne dépassent pas le stade de la pensée, ma main reste suspendue au dessus de la page blanche, d'autres fois ça galope sec, les petites lettres noires se plient à ma volonté, elles épousent les contours sinueux de mon esprit. Je travaille le matin, sous l'oeil étonné du jour qui se lève, je travaille dans la journée, si mon emploi du temps professionnel m'accorde un espace de liberté. Je travaille rarement le soir. Le soir c'est plutôt famille ou lecture.

MANUELLEMENT...Ben tiens!!! Je travaille avant tout avec mes mains. Doigts noués sur le stylo, doigts claquant sur le clavier, mains ratûrant sèchement quelques mots ou quelques lignes, mains arrachant et froissant la vilaine feuille de papier, il n'y a là que du manuel.

ARTISAN...on dirait que je serais un artisan des mots, que je les taillerais, que je les malaxerais, les...

Bienvenue dans mon atelier.

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11 novembre 2015

Le temps du deuil

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Il y a un peu plus de 18 mois, j'ai perdu mon papa. Il y a un peu moins d'une semaine, j'ai assisté aux obsèques d'un copain, au côté de son fils de 22 ans. Il y a deux jours, l'un de mes amis de plume m'a appris le décès de son papa. Pour ma part, je pense que je suis sortie de la période douloureuse du deuil. La disparition de mon père s'est imprégnée en moi, elle m'habite mais ne me fait plus souffrir douloureusement. Au début, dans les semaines qui ont suivies, j'ai fait face, j'ai cru faire face, en minimisant la douleur. J'avais mis au point un récit très précis qui évoquait sa maladie et ses derniers moments, je parlais d'un vieil homme qui avait eu une belle vie, qui n'avait pas souffert trop longtemps, ce que était une consolation pour moi et pour ma sœur, n'est-ce pas, je parlais de la vie qui continue, des enfants qui vous soutiennent, du travail qui vous occupe les mains et l'esprit.

J'ai tenu comme ça 4 mois. 4 mois à jongler entre le boulot, les petits soucis familiaux et la vente de la maison de mon père. J'ai tenu, puis sournoisement, ma carapace s'est fissurée, le chagrin si soigneusement contenu a commencé à remonter à la surface, comme une source que l'on aurait contrainte à rester sous terre et qui, plus loin, poindrait dans l'herbe grasse d'un pré ensoleillé. Les larmes m'ont prises, comme ça, à l'improviste, au volant de la voiture, dans la cuisine, au creux de la nuit. Mon ventre s'est mis à gémir, à se tordre, à se vider au rythme où je vidais la maison familiale.

J'ai fini par comprendre d'où venait mon erreur. Je me suis assise et je me suis écoutée parce que j'étais la seule à pouvoir le faire. J'ai écouté la petite fille pleurer son papa ( et sa maman aussi, disparue depuis 22 ans, car la vente de la maison clôturait en quelque sorte ce deuil-là, aussi) J'ai pris le temps de l'écouter parce qu'on a beau avoir 51 ans, la perte d'un parent est difficile pour les "grands" enfants que nous sommes, sommés par la société de ne pas montrer trop de chagrin face au départ d'un "vieillard". J'ai ressenti au fond de moi que le deuil n'est pas à "enterrer" trop vite, il est au contraire à vivre, à vivre au quotidien et pendant le temps nécessaire à chacun, n'en déplaise à l'entourage familial ou professionnel qui cherche souvent à "s'éviter" notre douleur en proposant avec force de nous changer les idées "pour ne plus penser à ça".

Vivre le deuil, ce n'est pas s'habiller de tristesse chaque matin, ni tenir un mouchoir au creux de la main à longueur de journée. Vivre le deuil, c'est garder un coin de son cœur et de sa tête pour celui qui n'est plus, c'est accueillir les émotions qui viennent sans les chasser d'une main trop active, c'est écouter le corps qui dit la peine et réclame du repos. Vivre le deuil, c'est une traversée intime qui se partage difficilement mais dont on peut sortir plus fort.

Alors je voudrais vous dire, Philippe et Adrian, ce chagrin qui est en vous, acceptez de le garder le temps qu'il faudra, sans honte, avec même une pointe d'égoïsme s'il le faut. Ne laissez pas aux autres le droit de vous consoler trop fort, trop vite. Ce temps de deuil ne peut être clos par personne d'autre que vous. C'est le temps qu'il vous faudra pour accepter la perte irréparable d'un parent, accepter que ce "rempart" n'est plus là pour vous protéger (bien ou mal?), accepter que celui qui est parti est parti seul et que vous n'avez pas besoin de partir avec lui, accepter aussi qu'il emporte avec lui une part de vous, de votre histoire, qui vous restera inconnue à jamais.

Un matin, vous sentirez que le moment est venu, vous pourrez lâcher cette main que vous serriez si fort (parfois bien inconsciemment), vous lâcherez cette main car, enfin, la joie sera plus vive que le chagrin.

23 septembre 2015

Hibou lecteur

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J'ai déjà dit tout le bien que je pense des blogs littéraires tenus par des lecteurs passionnés et passionnants. Heureusement qu'ils sont là pour éclairer le travail des auteurs qui n'ont pas accès aux lumières médiatiques!

Denis Arnoud, hibou-lecteur sympathique, avait donné il y a quelques temps son avis sur "Météo marine". Il récidive ces jours-ci avec une chronique pertinente de Face au mur.

Et il a eu la gentillesse de me proposer de participer à sa "collection" de souvenirs de lecture, ICI.

Qu'il soit ici remercier pour sa gentillesse et la qualité de son travail de chroniqueur.

A découvrir dans la colonne de gauche les autres "fous de lecture" qui ne comptent pas leur temps pour partager leurs avis et leur coeur!

 

16 septembre 2014

Mon éditeur et moi, chapitre 2

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Comment j'ai découvert les éditions Emoticourt? Je ne sais plus... Sûrement en sautant de lien en liane sur la grande Toile virtuelle!

J'avais un second recueil de nouvelles, tout prêt, tout chaud, que mon éditeur "papier" ne souhaitait pas publier ("vous ne voulez pas écrire un roman, Fabienne?" qu'il disait, Jacques!)

Donc Emoticourt, croisé un matin (ou un soir). Emoticourt, l'édition numérique c'est quoi qu'est-ce, je ne sais pas, je verrai bien, faut être curieux dans la vie, je suis curieuse, j'envoie! Et Félicie me répond. Elle dit que ça lui plait, qu'il y a un ton, une voix. Elle dit que d'abord elle va en parler en comité de lecture et qu'elle me rappellera.

Félicie m'a rappelée, et je me souviens que ce jour-là, il y avait du soleil. Dans sa voix et dehors.

L'expérience du numérique m'a appris une chose : il n'y a pas moins d'exigence, pas moins de sérieux que pour l'édition traditionnelle. Correction, choix de la couverture, mise en page, rien n'est laissé au hasard.J'ai été très agréablement surprise par la qualité de mon recueil "Ici on aime" et par celle des autres ouvrages publiés par Emoticourt.

Et pour moi, la cerise sur le gâteau de cette expérience de virtualité, c'est de figurer au même catalogue qu'une grande dame de la nouvelle, une femme qui m'a ouvert la voie de l'écriture : Annie Saumont!

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26 juillet 2015

Ecrire pour vivre mieux

JL 15

Ecrire 

Genève, 18 décembre 1978

Je n'aime plus écrire, si écrire c'est « faire des livres » pour les regarder ensuite et les faire regarder en disant : « Comme c'est joli, ce que j'ai fabriqué là », si écrire c'est fignoler son style et lécher sa page. Écrire et lire, pour  moi, ce n'est pas une façon de se retirer de la vie pour faire une oeuvre d'art.
J'aimerais mieux essayer de faire de l'oeuvre d'art une oeuvre de vie, multiplier la vie, ses expériences. Je n'écris pas pour me faire plaisir ou faire plaisir (quoique je ne pense pas du tout que le plaisir à vivre et à agir et à aimer soit un mal en soi).
J'écris comme je lis, pour essayer de vivre mieux, dans tous les sens du mot mieux : pour sentir plus de choses, et plus profondément, pour observer mieux et plus attentivement, pour comprendre mieux les gens et les choses, pour y voir plus clair et me tirer au clair, pour donner et recevoir, rece­voir et donner, pour « faire passer », pour tenter de savoir vivre et pour apprendre à me tenir de mieux en mieux. Pour jouer aussi, parfois, pour le plaisir de l'imaginaire, pour jouir de la liberté ludique d'éluder la vie quotidienne. Mais le jeu lui-même n'est-il pas, dans son apparente gratuité, une façon ambiguë de s'affronter au réel, un apprentissage ?
II me semble qu'en règle générale la littérature ne sert à rien et ne vaut rien quand elle se veut utile, utilitaire et au service de « valeurs ». Mais qu'en même temps la passion d'écrire devrait être une passion morale. Cela peut aller de la gourmandise de vivre de Colette, qui écrit pour mieux savourer et pénétrer le goût des choses de tous les jours, la saveur d'un fruit, le velouté d'une chair, le pelage électrique d'un chat, à la leçon de tenue de Kouznetsov, qui écrit au Goulag pour survivre, pour garder ses distances avec ses bourreaux, pour garder l'échine droite face à ceux qui veulent le briser.
La passion d'écrire, ce n'est pas une façon de vivre un peu moins pour créer un peu plus. Cela devrait être un art d'éclairer (pour soi et les autres) un peu plus la vie, afin de la vivre davantage.

Claude Roy (In « Permis de séjour, 1977 – 1982 » Gallimard 1983)


(Tableau de Jeanette Leroy)

11 juin 2015

Ugarte

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Le Musée Beaux arts de Pau propose une rétrospective sur Jean-Pierre Ugarte, peintre palois, discret mais renommé sur le plan international.

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Celui qui se définit comme peintre du "réalisme magique", peint essentiellement des paysages grandioses et inquiétants, mêlant le béton et la nature, des restes de constructions gigantesques, étouffantes mais comme abandonnées depuis longtemps et reprises par la végétation (j'ai pensé tout de suite aux ruines d'Angkor, au Cambodge). Pas d'humains, même si l'homme est fortement présent dans ces cubes de bétons érigés par sa main et dont la taille même suggère des chantiers titanesques. Seuls êtres vivants, quelques oiseaux d'une blancheur immaculée. La lumière qui émane de ces toiles est étonnante, le ciel diffuse une clarté laiteuse, évoquant une aube apaisante, comme si la menace était passée, mais l'état même des constructions, brisées, effondrées, érodées, laisse deviner l'ampleur du chaos. L'exposition est très fournie, elle occupe tout le rez-de-chaussée du musée, les textes explicatifs éclairent le visiteur sur l'évolution du travail de l'artiste.

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En dehors de son thème de prédilection, ces fameux "Paysages", Ugarte renouvelle le procédé de la nature morte en présentant des compositions au réalisme saisissant (voir les photographies, que l'on croirait scannées directement sur la toile!). Ces garde-mémoires laissent entrevoir la personnalité du peintre.

racines branches 1994 ugarte

En dernier lieu, quelques carnets de croquis et des études permettent d'identifier en partie le cheminement de l'artiste. J'ai rapproché ces ébauches annotées du travail préparatoire en écriture, la prise de note, le premier jet.

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Cette exposition m'a beaucoup plu, malgré la résonnance parfois un peu sombre des toiles, qui m'a rappelée certains films ou romans de science fiction au pessimisme assumé!

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1 mai 2015

Face au mur

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Face au mur
Nouvelle noire
SKA éditeur Mai 2015

EAN : 9791023404210
Prix : 1€49

Présentation de l'éditeur :

Elle traque le monstre qui l’a détruite.
Entre certitude et doute, les affres d’une femme
qui veut briser un cauchemar.

Extrait : Je l’ai suivi pour en avoir le cœur net. Je l’ai suivi pour faire taire la voix dans ma tête. La même voix. Les mots. Les mêmes mots. Dans ma tête dansent les mêmes mots. Sans répit, dans ma tête une boucle sonore, ronde, ronde, une voix, quelques mots, dans mes oreilles, sans répit. Je ne suis plus sûre de rien. Je suis pourtant sûre de ça. Cette voix, la même. Ces mots, les mêmes : « Je peux vous aider ? »

Fabienne Rivayran dépeint avec une grande subtilité les ravages du silence sur une victime qui finit par se révolter.

Format e.Pub sans DRM

A télécharger ici

 

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