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L'atelier de Fabeli
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L'atelier de Fabeli
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21 avril 2013

Dans quel état est Chris Simon?

verre brisé Appel à contributions : Dans quel état êtes-vous quand vous donnez vos textes à lire (éditeurs, amis...) si vous aussi vous voulez évoquer cet état si particulier, propre à chaque auteur, écrivez un texte et venez le partager (en m'adressant un mail)
Je vous propose de reprendre l'incipit suivant : "Lorsque j'envoie un texte (à un éditeur, à un ami)..." et ...c'est à vous!

Chris Simon, auteure franco-américaine, se prête au jeu de la confidence

Lorsque j'envoie un texte à un éditeur (de moins en moins !), je commence par l'oublier, je veux dire je me libère l'esprit de ce texte. Je passe à autre chose. J'écris sur mon blog, commence un nouveau projet ou lis les livres des autres. Mais curieusement alors que je ne pensais plus à ce texte, le voilà qui me fait signe. Il remonte par bribes au fil des jours. J’entends ces bribes dans ma tête comme si une voix extérieure les disait. Ça me fait plaisir de les entendre, ça me rassure. Je me dis mon texte est vivant. Il vit et me le fait savoir. Ces voix, dictant des phrases de mon texte envoyé, jaillissent dans mon esprit à tout moment de la journée, à la façon de souvenirs que l'on n'a pas anticipés et dont on ne peut définir les déclencheurs. Était-ce la lumière réfléchissant sur la vitre d'une fenêtre, l'odeur beurrée des croissants chauds de la boulangerie que l'on va bientôt passer ou l'imperméable beige du passant devant soi ?
Je ne sais pas, mais mon texte vit et me revient par éclat, se rappelle à moi dans la voix d'un autre. J'ai la certitude qu'il est lu et que cette lecture lui donne du corps.
Je subis de moins en moins l'anxiété de l'attente depuis que j'auto-publie. Cela a vraiment amélioré ma qualité de vie. Quand j'entends les phrases de mes écrits éclater dans mon esprit, j'ai la sensation secrète que le lecteur adhère à mon univers et qu'il y entre, ne serait-ce que le temps d'une émotion, d'une image. Alors, je sais que nous avons partagé quelque chose. Au fond, je cherche cet échange.

 


 Chris Simon a choisi de s'auto publier en numérique.

Découvrez ses ouvrages et ses conseils sur son site.

Le site de Chris Simon

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31 octobre 2012

Pourquoi des nouvelles?

- Dis, Faby, c'est quand que tu écris un roman?

Cette question, je l'entends régulièrement. Famille, amis, tout le monde attend de moi que je me mette sérieusement à écrire.

Parce que des nouvelles, n'est-ce pas... Tandis qu'un roman, ça, c'est du lourd! C'est ce que font les vrais écrivains. Est-on un écrivain tant qu'on n'a pas écrit un roman? C'est un peu ce que j'entends dans les bouches au demeurant amicales qui m'entourent.

Et moi je m'entête à écrire des nouvelles. Je n'ai pas dit que je n'écrirai pas de roman (ne jamais dire "fontaine, je ne boirai pas de ton eau")

Mais pour le moment, des nouvelles, encore des nouvelles, rien que des nouvelles.

Quand je pense qu'avant 2007 (date de ma naissance "littéraire"!), des nouvelles, je n'en lisais quasiment jamais! Des romans, ça oui, mais des nouvelles, une par-ci par-là, un peu par hasard...

Bien sûr, depuis 2007, je me suis rattrapée! Je lis beaucoup de nouvelles... et des romans aussi!

Pourquoi j'écris des nouvelles? Je ne sais pas. Cette nuit, au creux d'un moment d'insomnie, j'ai tenté de répondre à cette question. Je ne me souviens pas de la réponse, j'ai dû me rendormir à ce moment-là!

Par facilité? Moins de travail, plus de souplesse dans la gestion du temps d'écriture? Oui, sans doute. Mon emploi du temps ne me laisse pas de longues plages horaires à consacrer à l'écriture.

Pour le plaisir d'aller à l'essentiel? Ne pas s'embarrasser de détails, de descriptions, tracer en quelques mots une atmosphère, un personnage? Oui, certainement. J'ai pris goût, au fil de mon "apprentissage", à serrer au plus près des mots le fil de mon histoire. Evoquer, suggérer, esquisser, voilà des actions qui me tiennent à cœur.

Je n'ai aucune connaissance en peinture mais j'aime ces tableaux qui donnent à voir le minimum : l'univers du peintre est là, en quelques touches de couleurs qui laissent imaginer un paysage, quelques silhouettes, une lumière. Inutile de forcer le trait en détails inutiles, l'essentiel est là, un instant capté, unique et éphémère.

morisot1883, Les Quais à Bougival. Berthe Morisot

Et vous, roman ou nouvelle? Quel est votre format préféré?

 

 

 

13 décembre 2012

Match amical

Ultra-black_couv_small
En catégorie poids léger un recueil de 6 nouvelles publié par la toute "frêle" Alexandra Bitouzet.

Frêle, elle en a l'air mais certainement pas la chanson! Ce brin de fille aux cheveux courts et au sourire franc est tout à fait capable de vous mettre KO en quelques phrases bien senties.

"Elle colle son front sur la vitre froide de la voiture, ça laisse une trace de peau grasse. Elle pleure. On l'entend appeler sa maman. Mais ça n'attriste personne, les attardés et, du coup, on ne la console pas. Elle se prend dans les bras et se berce toute seule..."

Lecteur, lectrice, tu veux du noir ? Eh bien ! Tu vas être servi. Plus noir que noir c'est ...Ultra black! Et avec Alex, pas de tromperies sur la marchandise : cette fille en connait un rayon sur la noirceur de l'âme humaine. Elle a choisi de nous conter 6 histoires de femmes percutées à grande vitesse par un évènement dramatique. Des femmes ordinaires, saisies dans le vif du quotidien. 6 éclats de vies qui trébuchent et ne trouvent pas grand chose à quoi se retenir. 6 femmes au bord du gouffre... Tombera? Tombera pas?

Les illusions ne bercent que ceux qui veulent y croire...

"Tout devient plus simple quand on n'a plus l'obligation de réfléchir à son avenir. Il sera mon mari, c'est déjà gravé dans les alliances comme le beurre au fond de la gamelle. Laisser sa vie entre les doigts d'un autre est tellement plus simple"

Ultra Black (Alexandra Bitouzet)

Editions Emoticourt (décembre 2012)

 

 caravan

En catégorie poids lourd, voici Philippe Godet et son roman de presque 400 pages. Ici aussi, il est question de filles cabossées. 2 filles en cavale. Enfin une surtout, qui a tout intérêt à ne pas se faire prendre si elle ne veut pas retourner à l'hosto, sous camisole chimique, ou bien même en taule, direct et sans passer par la case départ ni toucher les billets. Cette fille s'appelle Inès et dès la page 8, on sait qu'elle a tué un type. Mais le pourquoi et le comment, l'auteur va nous le distiller au fil des pages et des kilomètres de routes défilant au compteur d'une décapotable pilotée par la belle Livia.

« Caravan » c'est d'abord 2 filles en cavale sur les routes de France et d'Italie. La fragile Inès, qui rêve de revoir sa fille et de comprendre comment elle a pu en arriver là, tout en bas, perdue dans un gouffre de douleurs mentales infernales. Et la forte Livia, l'ange gardien, qui file sur les routes à fond la caisse pour tenter de sauver son amie. « Caravan », c'est un peu "Thelma et Louise", un road movie ultra féminin sur papier qui embarque le lecteur pour une virée sauvage sur fond de jazz, de larmes et de fous rires complices.

Assis dans la voiture entre Inès et Livia, le lecteur découvre au rythme de leur course folle les raisons qui ont conduit Inès à péter les plombs pour finir en hôpital psychiatrique puis en meurtrière. Peu à peu, en explorant sa mémoire et celle de son amie, Inès parvient à réassembler son puzzle intime pour aboutir à un espoir de guérison, là-bas, dans un village perdu au nord de l'Italie.

Ouvrir « Caravan », c'est accepter de perdre les règles du jeu, c'est renoncer à la logique des cartes routières. Ouvrir « Caravan », c'est accepter de se laisser porter par une musique sauvage et pourtant familière qui restera longtemps dans un coin de mémoire.

Caravan (Philippe Godet)

Editions Kirographaires octobre 2012

 

29 janvier 2015

(RE)naissance

J'avais une idée en tête, je l'ai menée à son terme et voici le résultat:

"Ami, es-tu là?"

Recueil de 3 nouvelles pour enfants à partir de 9 ans

J'ai écrit ces 3 nouvelles dans le cadre d'appels à textes pour des recueils collectifs publiés par l'association littéraire "Noires de Pau". J'avais envie de les voir réunies en un seul ouvrage.Sébastien Sarraude, camarade de plume "noire" a réalisé les illustrations principales. 

Pourquoi "Ami, es-tu là"? Parce que ces 3 nouvelles abordent le thème de l'amitié.
La première évoque dans un cadre urbain la rencontre de 2 univers opposés : orient/occident. La seconde embarque le lecteur sur les chemins de St Jacques de Compostelle pour une rencontre intergénérationnelle insolite. Dans la troisième, la période des grandes vacances voit la naissance d'une amitié salvatrice.

J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ces histoires qui mettent en scène des enfants découvrant le monde qui les entoure.

Voici le début de "Chinoise sur canapé":

Thé vert, thé noir, t’es vert, t’es noir, t’es jaune,

la peau n’est rien, c’est le cœur qui compte.

Jeudi 3 juin 19H45

Un truc de malade ! On a une Chinoise à la maison ! Ma mère vient de rentrer du boulot avec les courses et une Chinoise.

«Mathis, je te présente Li-Mei. C’est la fille d’une amie, elle va passer quelques jours avec nous »

Normal, quoi !

La Chinoise, pendant ce temps, elle restait plantée, ventousée à son sac de sport, pas un mot, planquée sous la capuche de sa veste.

Ma mère a une amie chinoise ? Première nouvelle !

couv ami es tu là

 

4 de couv ami

13 octobre 2013

Jouer collectif

Cet automne, 3 de mes nouvelles sont publiés en recueils collectifs. 3 ouvrages, 3 styles différents, 3 expériences enrichissantes parce que collectives!

 Couv agenda JFE 2014

Agenda 2014 (à paraitre le 14 octobre)

Mon éditeur, Jacques Flament, a eu la bonne idée de constituer un agenda original pour les lecteurs curieux : 52 semaines de lectures. Soit une nouvelle par semaine, écrite par les auteurs de la "Maison Flament". Depuis bientôt 3 ans que cette maison d'édition existe, Jacques a su constituer un catalogue qui joue l'équilibre entre fiction et réalité : Nouvelles, romans, récits de vie atypiques ou de voyages extraordinaires, ouvrages de mémoire collective. Avec entêtement et persistance, parce que pour lui "Les mots sont de l’or, du feu, du sang, de la lave, ...de la terre, l’humus de la possibilité d’un bonheur.", il enrichit ses collections au fil des mois, dénichant des auteurs aux voix singulières. 
J'ai contribué au projet en fournissant une nouvelle inédite, intitulée "La surprise du chef" et qui "pètera" comme un feu d'artifice le 14 juillet 2014!
C'est l'histoire d'une fille en colère...et ça commence comme ça : " Je pose la valise près de la porte et je regarde une dernière fois la salle de restaurant."

 


 

Couv Les P

 "Les P'tites Noires en concert" vient de paraître, publié par les Noires de Pau dans la collection jeunesse. Mes camarades et moi avons travaillé sur le thème de la musique, chacun se saisissant d'un instrument pour jouer sa propre partition. Pour ma part, n'ayant peur de rien, j'ai choisi le djembé pour illustrer une histoire d'amitié au bord du Gave de Pau. La nouvelle s'intitule "Tambour battant", il y est question de ricochets et de cabane, de disparition et de libération.
Et ça commence comme ça :" La première fois que j’ai vu Camille, j’ai cru que c’était une fille"


 

couv pages 14-18

 Pages 14-18, les Noires de Pau en 1ère ligne (à paraitre le 8 novembre)

Voilà un très beau projet collectif, initié par les Noires de Pau, et que j'ai suivi du début à la fin. L'appel à textes lancé en janvier 2013 a réuni 12 auteurs (membres de l'association). Chacun d'entre nous a reçu un extrait du journal local "l'Indépendant" de l'année 1914 (d'août à décembre) Il fallait ensuite puiser dans les "nouvelles" la matière d'une histoire. Il s'agissait de donner à voire ce terrible conflit "la tête dans les tranchées et les pieds dans le Béarn". Le résultat est un bel ouvrage de 136 pages au format 15x20, illustré de croquis originaux par Stéphanie Lepoutre elle a aussi réalisé l'illustration de couverture) et préfacer par le journaliste Jean Pierre Campagne.

Pour ma part, j'ai travaillé sur le journal du 14 décembre où il était question d'une tombola des beaux arts, point de départ de ma nouvelle. Elle s'intitule "Flou artistique", elle met en scène Emile et Mathilde, deux voix pour un amour. Et ça commence comme ça :"Qu’est-ce que vous allez faire de lui ? Il n’y est pour rien. C’est moi. C’est de ma faute. Je vais tout vous expliquer."

 

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12 janvier 2015

En marche

Marche Charlie 11

J'ai marché. Comme près de 4 millions de Français samedi ou dimanche, j'ai marché. En silence, avec respect. En pensant aux victimes, à leurs familles. J'ai marché pendant une heure. J'ai fredonné la marseillaise (un peu de mal avec la violence des paroles mais...).
C'est la première fois que je marche dans un cortége républicain. Il y a un début à tout. Je ne crois pas que ce sera la dernière fois. L'engagement politique, ce n'est pas mon fort, toujours cette dualité qui me fait voir l'endroit et l'envers, le noir et le blanc, l'ombre et la lumière. Ce n'est pas demain que je vais m'inscrire dans un parti, mais... Je vais garder plus que jamais les yeux et les oreilles en alerte, je vais tenter de relayer les voix (les voies?) qui me semblent justes (après tout Mercure, le dieu messager, gouverne le Gémeaux que je suis!)

Et encore, faire couler l'encre de la fiction pour donner à voir ce monde. Parce qu'après la tragédie et la communion, écrire pour garder une trace...

 

3 avril 2014

Le ventre vide

Je suis entre deux projets. La phase d'écriture du précédent est terminée, il a pris la route vers des éditeurs potentiels. Le suivant n'est pas encore né. Enfin... disons qu'il n'existe pour le moment que sous la forme d'un désir. Calé dans un coin de ma tête depuis de longues semaines déjà.

Mais... pour que ce désir prenne vie, il faut qu'il vienne se loger dans mon ventre. Car... c'est bien du ventre que jaillissent mes projets d'écriture!
C'est un emmêlement de choses du dehors avec mes entrailles. Une image, un mot, une voix, du concret, du tangible. Il n'est pas question de démarrer sur une idée, de me dire "tiens! je vais écrire sur tel ou tel sujet", non, ça ne marche pas, ce serait trop facile! Faut que ça vienne du dedans, du profond, faut que ça me travaille, à tel point que la seule façon de m'en débarrasser, c'est de l'écrire!

Alors, j'attends...j'essaie de ne pas m'inquiéter, j'essaie de ne pas penser "et si ça ne vient pas? Et si ça ne vient plus?" Coquetterie d'écrivain? Les écrivains savent bien de quoi je parle, de cette peur de l'aride, du sec en soi. De ce jour où les mots ne viennent plus.

J'attends...

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20 avril 2013

Dans quel état est Alexandra Bitouzet?

verre brisé  Appel à contributions : Dans quel état êtes-vous quand vous donnez vos textes à lire (éditeurs, amis...) si vous aussi vous voulez évoquer cet état si particulier, propre à chaque auteur, écrivez un texte et venez le partager (en m'adressant un mail)
Je vous propose de reprendre l'incipit suivant : "Lorsque j'envoie un texte (à un éditeur, à un ami)..." et ...c'est à vous!

 

c'est au tour d'Alexandra Bitouzet de se livrer en toute sincérité :

 

 Lorsque j'envoie un texte, le plus souvent c'est par le biais d'un mail. Je n'utilise plus que la touche enter, c'est la crise des mots, même le timbre coûte cher ! S'il m'arrive d'en envoyer par la poste, j'ordonne à tous ceux vivant sous mon toit d'embrasser la lettre, et je guète que la consigne soit respectée (à la lettre, si j'osais !) Quand j'appuie sur enter, le texte est en pièce jointe et je ne mets que quelques mots. Quelques mots et un jeu de mot, le plus souvent ! Je me dis que l'humour me protégera de la déception. Pendant la première heure, je check mes mails, comme si l'éditeur n'attendait que moi ! C'est quand même assez prétentieux d'écrire, on a vite fait de se prendre pour le messie ! Pendant une heure, je tremble, je me sens aléatoirement vide, nulle, médiocre, inutile. Et sans talent. Je me dis que je ferais mieux de reprendre mon poste à temps complet, je me dis que ça ne ferait pas de mal de ramener un peu plus d'argent, je me dis que je ne suis qu'une sale égoïste qui ne pense qu'à écrire son foutu roman ! Je me dis tellement de choses pendant une heure. Et puis, tout s'arrête, j'oublie : l'écriture, la touche enter, l'écran 15 pouces et même Sagan. Au bout d'une heure, je redeviens cette femme, souvent je me sers un verre et je trinque à ce texte. Je me dis que quoi qu'il arrive, même s'il n'est pas publié, je le proposerai à des lecteurs sur le net ! Je me dis que je me suis bien éclatée en l'écrivant et que ça doit rester ça, le plus important !

30 mai 2015

Paroles de lecteurs sur Face au mur

couv face au mur

L'avis de Martine Galati sur son blog "Les lectures de Martine" :"J'ai lu cette nouvelle "Face au mur" de Fabienne Rivayran, parue dans la collection Noire Soeur chez Ska éditeur hier soir. Et depuis, elle ne me quitte pas. Je l'ai dans la tête. Je la porte en moi comme un cri en direction de toutes ces femmes victimes de la force et de la violence des hommes" Lire la suite.


 

"Si vous aimez les polars bien ficelés, avec du suspense, bien écrits, et rythmés comme il faut, alors il faut que vous lisiez absolument Face au mur de Fabienne Rivayran, Ska éditeur. Elle avait déjà fait fort avec son Ici, on aime, un très beau recueil de nouvelles chez Emoticourt et Météo Marine, un court récit dense et poétique chez JFE. Une auteure à suivre. Une écriture maîtrisée et très personnelle qui fait mouche à chaque fois" Thierry Radière


L'avis de Denis Arnoud, Hibou lecteur attentif et sensible : "Un texte prenant, étouffant, une réussite."  Lire la suite



 

25 septembre 2013

Certaines n'avaient jamais vu la mer

 

certaines

4 de couv' : L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi. 
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. 
À la façon d’un chœur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

La 1ère phrase : "Sur le bateau nous étions presque toutes vierges."

J'ai eu un vrai coup de coeur pour ce très beau roman qui évoque l'histoire de la colonie japonaise aux USA entre 1920 et 1945. Le parcours de ces femmes qui partaient en bateau rejoindre un mari choisi sur photo est retraçé de façon émouvante par l'auteure. Le départ, la traversée, les bagages emplis de linges (kimonos, peignes à cheveux, eventails délicats) et de rêves (une autre vie avec un mari forcément beau et riche) puis l'arrivée, la confrontation à une réalité terrible et humiliante. La force du livre tient dans l'utilisation par l'auteure d'un "nous" collectif qui saisit d'emblée le lecteur en le plaçant dans le choeur des femmes. Il n'est pas question ici d'une femme en particulier mais de toutes à la fois et ce portrait multiple dessine au final la silhouette émouvante de ces femmes courageuses. En faisant le pari de revenir sur un fait historique peu connu, Julie Otsuka a écrit un roman d'une grande force poétique.

Ici une interview dans laquelle Julie Otsuka explique sa démarche d'écriture.

Ici une chronique piochée sur le site de Lionel Clément, lecteur-blogueur.

22 septembre 2013

Entêtement

 

J’ai l’écriture laborieuse. Je peux compter sur les doigts d’une main les textes écrits d’un seul coup, au premier jet, pour lesquels les retouches se sont faites à légers coups de plumeau ! Non, moi je suis plutôt du genre à remettre cent fois l’ouvrage sur le métier et pour chaque texte les versions successives s’accumulent dans la mémoire de mon ordinateur.

Enfant déjà, j’étais une élève laborieuse. Me maintenir dans la moyenne de la classe exigeait de moi des efforts, de longs moments d’attention. Aujourd’hui je me retrouve assise au bureau dans le même état d’esprit ! Avec ce même sentiment de difficulté, cette même peur de ne pas trouver la solution, c'est-à-dire de ne pas parvenir à mettre en forme l’histoire qui me trotte dans la tête. « Laisse tomber ! » me direz-vous. C’est vrai qu’il n’y a pas d’obligation, je ne suis plus à l’école, je n’ai plus de compte à rendre, ni à mes parents, ni à mes professeurs, je n’ai plus de notes à obtenir !

Et pourtant je ne veux pas lâcher l’affaire! Je m’entête à venir à bout du problème. Cette histoire qui traine dans ma tête, il me semble important de la raconter. C’est un peu comme si je devais quelque chose aux personnages. Alors, même si parfois je manque d’entrain, même si parfois je me cherche des excuses pour ne pas y aller (et elles sont faciles à trouver, les excuses, surtout celles qui te donnent bonne conscience !), je finis toujours pas y revenir, au bureau.

 Bureau 22

 

 

19 décembre 2014

extrait de flou artistique

 

Qu’est-ce que vous allez faire de lui ? Il n’y est pour rien. C’est moi. C’est de ma faute. Je vais tout vous expliquer.C’est un artiste. C’est un sensible. Je le connais bien. On s’est rencontré en septembre. Il travaille chez les frères Fitte, les photographes, rue de la Préfecture. Moi je travaille au café Michel. C’est juste en face, à gauche en sortant de la Halle. Je suis serveuse. Je remplace Guy, mon frère, parti au front. Il est rentré à la fin du mois de novembre. Il lui manque un bras et son visage est recousu. C’est un obus. Ça fait de sacrés dégâts ces trucs-là. Emile, c’est un fragile. Presque un enfant. Il m’a plu tout de suite avec sa figure fine, ses grands yeux doux, ses chemises de dentelle. Il venait manger chaque midi. Il m’appelait mademoiselle et disait merci quand je posais son assiette devant lui. S’il n’y avait pas eu cet avis de recensement dans le journal, rien ne serait arrivé. C’était le 14 décembre, ça je m’en souviens bien. Le jour de ma fête.

 

Mathilde était venue m’attendre. Elle faisait les cent pas devant la vitrine. Mes patrons riaient. Ils se moquaient un peu de moi. « Elle a l’air d’avoir du caractère, cette petite, Émile ! » C’est vrai qu’elle sait ce qu’elle veut, Mathilde. Elle a dû se débrouiller seule très tôt. On m’a dit que son père est un bon à rien. Sa mère est partie travailler à Tarbes, à l’Arsenal. Et son frère ne peut plus grand chose pour elle, maintenant. C’est une fille courageuse. Jolie, aussi.
Quand je suis sorti, elle m’a sauté au cou.
– J’ai une bonne nouvelle ! Monsieur Loustalot te prend deux tableaux pour la Tombola des Beaux-Arts. Il me l’a dit, ce soir, en venant faire sa partie de cartes.
C’est Mathilde qui avait eu l’idée de m’envoyer montrer mes toiles à monsieur Loustalot, le conservateur du Musée des Beaux-Arts. Elle battait des mains et piquait des baisers sur mes joues.
– Tu vois, je te l’avais bien dit ! Tu peux me faire confiance. Tu seras un peintre célèbre et je serai ta muse ! Tiens, regarde, j’ai la liste des artistes qui sont déjà inscrits.
Elle m’a tendu une feuille de journal en riant.

 

Extrait de "Flou artistique"

(in recueil collectif "Pages 14-18" )

 

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17 décembre 2014

extrait de Vous l'aimez comment?

 

A présent que maman nous échappe par petits bouts, il est inutile de chercher à régler des comptes. C’est ma sœur après tout. Demain matin, elle va descendre du train avec son sac Hermès et ses talons hauts. Elle aura trouvé que, même en première, le voyage est fatigant, il y avait du bruit, un homme qui parlait fort… Elle va m’embrasser du bout des lèvres, détaillant sans un mot mon visage fatigué que je ne fais même pas l’effort de maquiller. Elle finira par me le dire, à un moment ou à un autre de la journée.

 

Il faut absolument que je l’appelle, ce soir, pour la prévenir. La dernière fois, ça ne se voyait pas autant, on pouvait encore avoir une conversation presque normale. Muriel avait trouvé que, pour son âge, maman était bien. « Regarde, elle se maquille toujours, elle aime s’habiller, même pour sortir dans le parc. »

 

Mais demain, lorsqu’elle ne retrouvera plus sa mère dans cette femme absente à elle-même, elle va se tourner vers moi. Dans ses yeux, je verrai sa colère et son désarroi.

 

- Tu ne m’avais pas dit que...

 

Si, Muriel, je t’ai dit. En tout cas j’ai essayé. Mais qu’as-tu bien voulu entendre ?

Extrait de "Vous l'aimez comment?"

(in "Au cours du marché", Jacques Flament éditions)

 

 

16 décembre 2014

extrait de En plein coeur

 

T’as pas de cœur", qu’elles me disaient, "nous, on t’aime mais pas toi, t’as un cœur de pierre"

Faudrait savoir ! J’ai un cœur ou j’ai pas de cœur ? D’abord, qu’est-ce que vous en savez vous autres, qui m’avez regardée grandir du coin de l’œil ? Vous êtes déjà venus vérifier à l’intérieur ? Vous avez posé la main pour savoir s’il y a un tam-tam, là, dans ma poitrine ? Non ! Personne n’est venu voir. Y’a peut-être rien à voir d’ailleurs…

Comment savoir si on a un cœur? Est-ce que ça suffit de l'entendre battre? Est-ce qu'il est seulement question de cette boule de chair dégueulasse que je n'ai pas voulu découper en cours de sciences? Un cœur de canard, un cœur de mouton, un cœur d'homme, c'est du pareil au même? Je me souviens de Marine, une copine du collège, que sa mère avait appelé "mon petit cœur" devant tout le monde et Marine qui l'engueulait salement et la mère qui restait là, plantée sur le trottoir, à deux doigts de chialer. Elle me faisait de la peine, cette femme, avec son visage tout froissé. J'ai pensé très vite que si ma mère avait…mais non, qu'est ce que je raconte, j'ai pas de mère!

 

Extrait de "En plein coeur"

 (in "Ici on aime)

 

IOA recadré

13 décembre 2014

extrait de Villa des anges

 

Jeanne a crié une première fois, puis plus rien. Seulement le murmure agacé d’une femme fatiguée. Maria fumait une cigarette dans le noir de la terrasse.

Les voix se sont enflées soudain. Portes bousculées, murs cognés. Des coups, des cris, des coups, des cris. Amaïa se réveille en pleurant. Jeanne cherche à la calmer d’une voix sourde. Maria, cigarette en suspend, voudrait que tout s’arrête. Un bruit de verre brisé, Jeanne crie, crie encore. Bousculade, silence, cris, hurlements.

Maria, Maria, viens! Viens ! 

 Le ventre en béton, le cœur dans le vide, courir, grimper l’escalier, débouler dans la chambre. Jeanne assise sur son lit, emmêlée dans le foulard. Amaïa serrée contre sa poitrine, immobile, insensible aux câlins hystériques de sa mère. Une tâche rouge sur la robe légère. Si rouge.

Jacques finit de briser ses doigts sur le mur.

 

L’enfer en quelques secondes. Affolement, désordre, panique.

- C’est pour un bébé, une chute, non, oui …un accident, vite !

Une nuit d’enfer, sirènes hurlantes, gyrophares, hôpital, Amaïa minuscule petite chose inerte emportée par des inconnus. Attendre. Pleurer. Attendre encore. Dans le couloir tiède, vient enfin un médecin fatigué, blouse froissée, barbe naissante. Il a dans les yeux des mots effrayants. A ses pieds, Jeanne s’affaisse, pauvre marionnette privée de fil. Jacques, mains bandées, regard vide, debout, seul, contre un mur.

 

Extrait de "Villa des anges"

 (in "Ici on aime)

 

IOA recadré

12 décembre 2014

extrait de Météo marine

 

Vendredi : Ciel variable devenant très nuageux. Mer agitée. Vent force 5.

 6h13. Chiffres rouges, cadran noir. Soif. Repousser la couette, basculer les jambes. Froid le carrelage sous les pieds nus. Cuisine. Evier, ouvrir l’eau, remplir le verre, mouiller les doigts. Boire en frissonnant. Ecarter le rideau, fouiller la nuit pâle. Au-delà du portail, la forme sombre de la maison de Pierre, éclairée d’un peu de lune. Par-dessus le toit, de la fumée.

 

- Nos équipes seront là dans quelques minutes. A quelle distance se trouve votre maison du sinistre, madame ?

-         De l’autre côté du chemin.

-         D’autres habitations à proximité ?

-         Non. Nous sommes les seuls dans ce chemin, avant les pins.

-         Faites bien attention à vous, madame, n’essayez surtout pas d’entrer dans la maison. C’est dangereux.

Mais il y a Pierre dans la maison ! Enfiler manteau, baskets, sortir en laissant la porte ouverte, courir, traverser le chemin, pousser le portail.

Appeler. « Pierre ! Pierre ! » Tousser. Crier. « Pierre ! Pierre ! »

Soudain les sirènes dans le chemin, deux camions, non, trois, rouges, brillants, bruyants. Hommes casqués jaillissant des portières. Des cris, des ordres, des gestes précis. Bousculade organisée.

-         Ne restez pas là, madame, rentrez chez vous.

-         Pierre dort là.

Montrer la fenêtre, devant, à droite de la porte d’entrée.

-         Rentrez, madame. Ça va aller.

 

Extrait de "Météo marine"

 

couv météo marine 1

 

 

25 août 2013

Paroles de lecteurs sur "Ici on aime"

 

IOA encadré

"En lisant ce recueil, j’ai mieux compris cette recherche de style qui m’avait surpris dans MÉTÉO MARINE, et qui évoquait pour moi les peintres cubistes. Oui, vous éclatez l’écriture, vous la morcelez pour ensuite ramasser les morceaux et les assembler, les recomposer en une savante mosaïque qui est aussi un puzzle : vous fournissez au lecteur tous les indices, à lui de comprendre et de démêler le fil de l’histoire." (Michael)

"J'ai trouvé presque audacieux de s'attaquer si frontalement à un thème apparemment usé et galvaudé, et très habile, par conséquent, de savoir tirer de ce matériau classique et de ces histoires apparemment simples autant d'intensité. J'admire que tu saches faire en si peu de pages le tour de toutes les amours, et particulièrement de celles qui manquent, qui se détraquent ou qui détruisent. Que tu dises d'une écriture si simple et si efficace combien l'amour est au centre de tout, au fondement de tout, et combien en même temps sa réalisation est délicate, rare, presque impossible." (Claire Aronica)


"Chacune de ces six tranches de vies dessine en quelques touches, en quelques phrases, parfois en quelques mots, des personnages et une intrigue. De la douceur à la violence brute, Fabienne sait réellement raconter des histoires et camper des ambiances" (Frédérique Trigodet)

"L’amour, sujet vaste s’il en est, Fabienne Rivayran l’empoigne à bras-le-corps, et nous montre dans ce recueil de nouvelles, les coups de cœur et les coups de sang. Et aussi les coups du sort, qui réunit ou sépare.  Ses histoires sonnent tellement juste qu’on croit en connaître les protagonistes, ceux qui sombrent dans les non-dits, les vérités cachées, la rupture, l’absence, la souffrance." (Lorraine)

"Soyons clairs, j’ai été littéralement emporté par son recueil de nouvelles Ici, on aime. Emporté, car avec une langue très simple, extrêmement épurée, Fabienne Rivayran parvient à mettre des mots sur ce qui est certainement le plus difficile à exprimer : l’ineffable de nos sentiments, de nos émotions. Avec une profonde justesse, Fabienne Rivayran nous parle de rencontres, de frôlements, de cet envers de soi face aux autres qui jamais n’ose se formuler." (Lionel, de L'Ivre de lire)

 

31 août 2013

Ce que fut l'été

 

bord de vézère

L'été a passé et fut bien occupé (ainsi que je le prévoyais ici)

Boulot : de quoi faire au mois de juillet, période chargée, dans la continuité des mois de mai et juin, propices aux fêtes et réunions de famille. Puis le retour en août, après les congés, moins de stress, reprise en douceur, boostée par la joie des clients à nous revoir!

 

Repos : une bonne coupure de 3 semaines, de bons moments en famille et puis d'autres sans la famille, des balades, de bons repas, de jolis moments de lecture et puis côté santé un répit bienvenu qui m'a permis de profiter sans arrière pensée.

 

Ecriture : Les projets collectifs qui étaient en cours sont désormais en voie d'achèvement. 4 recueils sur lesquels j'ai travaillé à différents niveaux (écriture et/ou correction) J'en parlerai très vite. Ces projets (et les activités familiales!) ont monopolisé une bonne partie de mon temps libre et c'est seulement depuis 10 jours que je peux retrouver du temps pour reprendre le fil de mon projet d'écriture. La tâche est ardue mais je ne lâche pas le morceau. J'avance à petits pas, parfois des sauts de puces mais j'avance (dit-elle pour se convaincre!)

5 mars 2014

Lauriers...

o01 - Laurier roseCoup sur coup, j'ai eu la bonne surprise de découvrir deux chroniques de mes livres, et comme elles sont bonnes, je les partage avec joie!

Lionel ClémentIci, c'est Lionel, créateur du site littéraire "L'Ivre de Lire", qui dit tout le bien qu'il a pensé de "Ici on aime"

http://p7.storage.canalblog.com/78/29/1109933/85146152_q.jpgEt là, c'est Sabine, sur son "Petit carré jaune", qui commente sa lecture de "Météo marine"

Ces deux billets me permettent de souligner l'excellent travail de mise en lumière effectué par ces blogs de passionnés de littérature (et je ne dis pas ça parce qu'il s'agit de mes bouquins!)

Car aujourd'hui, en matière de critique littéraire, il faut compter avec le Web! Les journaux spécialisés, les revues littéraires et autres réseaux officiels de promotion, accaparés par les grandes maisons d'édition, sont désormais court-circuités (voire même concurrencés?) par les blogs littéraires.
Ces espaces de partage sont tenus par des amateurs gourmands de lecture, qui LISENT vraiment les livres, qui cherchent à connaitre les auteurs, même les petits, même les pas connus, même les débutants, qui ne font pas de différence entre "gros" éditeurs et "petits" éditeurs...Et grâce à leur enthousiasme, grâce à leur volonté de partage, grâce à la qualité de leurs avis, un nouvel outil de promotion se met en place, un outil que reconnaissent les éditeurs eux-mêmes puisqu'ils n'hésitent plus à envoyer leurs nouveautés à ces "amateurs"!!!

Je vous recommande à ce sujet l'édito de Lionel, samedi dernier, sur l'Ivre de Lire et je vous invite à fouiller dans la catégorie "Fous de livre", là, dans la colonne de gauche, pour découvrir ces amoureux qui parlent des livres avec leur coeur de lecteurs!

 

24 mai 2014

Raymond et moi

Raymond, je l'ai rencontré sur le tard. Jusque là, je fréquentais surtout des auteurs de roman policier très classiques, hommes ou femmes. Pas difficile sur le sexe mais pas curieuse de la nouveauté non plus, je me contentais de ce que je connaissais.

Quand j'ai osé regarder ailleurs, j'avais largement dépassé la quarantaine. Je fréquentais depuis quelques mois un atelier d'écriture, je cotoyais d'autres dingues de mots, un monde s'ouvrait à moi.

On m'a présenté Raymond comme un homme difficile mais passionnant. C'est vrai qu'au premier abord, ses "Vitamines du bonheur" m'ont semblées suspectes. Il m'a fallu un peu de temps, une quarantaine de pages, pour que je me laisse aller. Alors là, ça m'a fait comme relâchement au niveau du ventre, quelque chose de l'ordre du viscéral. Il existait donc une autre façon de raconter les histoires! On avait le droit de raconter des histoires qui n'étaient pas vraiment belles, sur des gens qui n'étaient pas vraiment heureux, dans un monde qui n'était pas vraiment doux. On avait le droit de raconter la vie de ces gens-là, des gens normaux, ratés, déçus. Des gens sans importance. J'avais le droit de faire ça, de raconter des histoires simples, de mettre en lumière des personnes au parcours banal.

Depuis, Raymond et moi, on passe de bons moments ensemble. Je le relis régulièrement, il a le don de me rassurer. Sous sa voix un peu bourrue, un peu rêche, j'entends qu'il me parle d'amour, tout simplement.

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Ici, un article publié dans le Tiers livre.

, une interview de Stéphane Michaka, dont le livre "Ciseaux", évoque de façon passionnante la vie et l'oeuvre de Raymond Carver.

5 janvier 2014

Arriver au bout

Quand j'écris, il y a un commencement et il y a une fin!

Lapalissade? Pas tant que ça!

Je sais à peu près quand je commence : il y a d'abord une idée qui se niche dans un coin de ma tête, puis ça se précise, le besoin de mettre en mot se fait pressant, ça devient une envie qui creuse le ventre alors je me lance. J'écris, j'écris, j'écris,  j'écris, j'écris, j'écris, j'écris, j'écris, j'écris... puis vient le temps des corrections et de la réécriture, très important, ça, la réécriture. alors je réécris, je réécris, je réécris, je réécris...

Arrive un moment où je voudrais en finir, mais le texte, lui, ne veut pas. Non, le texte ne veut pas me lâcher. Sans doute ne se sent-il pas fini, sans doute a-t-il peur de rester inachevé et de finir en archive, dans un coin perdu de l'ordinateur. Alors il s'obstine à encombrer ma tête, du matin au soir, et la nuit par dessus le marché! Je ressasse, je rouspète, je grogne mais j'y reviens, encore et encore, je me creuse les méninges, je taille, je traque, je remodèle. Parfois j'interroge les personnages, je leur demande où ils veulent en venir. Parfois ils me répondent.

Et puis vient ce moment magique, ce petit moment de grâce où je sens que c'est bon, c'est fini. C'est une émotion fragile mais reconnaissable, elle me chatouille au bout des doigts, au creux du ventre, au bord du coeur. Enfin, je peux le lâcher, le texte tient debout tout seul! Il exprime du début à la fin ce que je voulais dire depuis le commencement, depuis le jour où une idée s'est nichée dans un coin de ma tête. Le voilà autonome, prêt à s'envoler!

 

ballons

 

29 octobre 2013

Affûtez vos yeux!

La-beaute-d-un-coup-d-oeil

 

 

 "Une femme croyait avoir fermé une porte à clef sur son passé, une voix va tout faire voler en éclats."

 

 

 


J'ai terminé le 1er jet de mon projet d'écriture actuel. C'est un texte long, 80000 signes (mais il n'est pas encore passé par l'étape des ciseaux!!!)

Comme pour mes ouvrages précédents, voici venu le temps de vous demander un coup de main, ou plutôt un coup d’œil!

Si ça vous dit de me lire pour ensuite donner votre avis, allez-y! le texte est là (format PDF, vous cliquez dessus pour ouvrir)

Edit du 08.11.13 : Merci à tous ceux qui ont bien voulu lire ce texte, merci pour vos commentaires, vos mails, je vais vous relire pour ensuite me remettre au travail. J'espère que la version finale sera prête pour la fin de l'année. Ensuite opération éditeur....


 

18 avril 2013

Dans quel état est Thierry Radière?

verre briséAppel à contributions : Dans quel état êtes-vous quand vous donnez vos textes à lire (éditeurs, amis...) si vous aussi vous voulez évoquer cet état si particulier, propre à chaque auteur, écrivez un texte et venez le partager (en m'adressant un mail)
Je vous propose de reprendre l'incipit suivant : "Lorsque j'envoie un texte (à un éditeur, à un ami)..." et ...c'est à vous!

Voici à présent les confidences de Thierry Radière.

 

Lorsque j’envoie un texte à un éditeur, ma femme l’a lu au préalable : elle est ma première lectrice. Et avant de le lui soumettre, je le lis et le relis à nouveau plusieurs fois en essayant d’être le plus objectif possible. Quand je sens que je ne le suis pas, j’abandonne et je reprends la lecture du manuscrit quelques semaines plus tard, comme si c’était un texte de quelqu’un d’autre que je découvrais par hasard dans mon tiroir. Cette distance avec son propre texte est difficile à respecter et même si elle est plus ou moins bien réussie, elle est obligatoire, incontournable. J’obéis à une espèce de rituel qui m’exaspère au fond et à la longue. Je voudrais tout réécrire au moment où mes premiers lecteurs me lisent ; revenir au bureau de poste et plonger mon bras dans la boîte aux lettres pour récupérer le manuscrit parce que subitement je me dis qu’il faudrait en changer le titre, j’en ai trouvé un meilleur. Puis plus les jours, les semaines et les mois passent, plus je me dis que j’en étais sûr que ça n’aurait pas plu à l’éditeur : il ne répond pas. Lorsque j’envoie un texte à un éditeur, je sais d’avance qu’il n’en voudra pas et j’ai honte d’avoir été aussi stupide avec moi-même. Je m’en veux de m’être comporté comme un enfant maniaque et caractériel qui n’attend que ça qu’on lui dise qu’il a bien travaillé. Quand je reçois les lettres ou les mails de refus - au meilleur des cas – je ne les lis plus jusqu’au bout, je sais dès le début que toutes mes précautions de fétichiste prises avant l’envoi n’ont servi à rien. En revanche, j’aime toujours entendre - au même moment où je reçois un message de refus que je supprime ou mets à la poubelle - ma femme me confier que si elle était éditrice, elle, elle éditerait mes milliers de pages sans hésiter. C’est aussi un peu pour elle que je continue à envoyer des textes à des éditeurs.


A qui le tour?

25 avril 2013

Dans quel état est Philippe Godet?

verre brisé Appel à contributions : Dans quel état êtes-vous quand vous donnez vos textes à lire (éditeurs, amis...) si vous aussi vous voulez évoquer cet état si particulier, propre à chaque auteur, écrivez un texte et venez le partager (en m'adressant un mail)
Je vous propose de reprendre l'incipit suivant : "Lorsque j'envoie un texte (à un éditeur, à un ami)..." et ...c'est à vous!

Philippe Godet évoque son état personnel :

Lorsque j’envoie un roman à un éditeur, ce qui est fort peu fréquent, il a déjà eu une poignée de lecteurs, à commencer par mon épouse. Elle est ma première lectrice. Son avis est en général sans concession. Je lui fais confiance, comme je fais confiance à l’avis éclairé des quelques amis qui ont accepté de jouer le jeu de la critique. Je tiens toujours compte des avis, sinon à quoi bon les avoir demandés. Même si parfois cela fait mal. Ainsi commence donc le long travail de correction, de relecture, de nouvelle correction, etc. Pour chaque version je sollicite mon épouse. Je lui suis infiniment reconnaissant de se plier à cet exercice ingrat et certainement lassant pour elle.

Dans quelques semaines ou mois, j’enverrai mon second roman à plusieurs éditeurs. Je ne peux savoir à l’avance dans quel état je serai alors. Je pense que je me sentirai soulagé, comme la première fois. Je sais aussi que je recevrai les lettres de refus comme autant de gifles. Un roman est comme un enfant, il nous rend vulnérables.

Lors de la remise de mon premier roman à une petite brochette d’éditeurs en vue, il y a trois ans, je me suis senti libéré d’un grand poids. J’avais fait relier quatre exemplaires de mon manuscrit, soit quatre fois 180 feuillets A4, plus les reliures, que je portais dans un sac à dos. Vous imaginez le poids ? Après une promenade matinale dans le jardin du Luxembourg, nous entreprîmes, mon épouse et moi, de porter nous-mêmes, dans les locaux vétustes de quatre éditeurs parisiens, mon précieux trésor, fruit d’une lente maturation de plusieurs années. Blague à part, une fois débarrassé des manuscrits, je me sentis réellement soulagé. J’avais mis un point final à l’ouvrage, provisoire certes, mais final quand même, je le considérais comme une sorte de prototype, qui allait enfin pouvoir vivre sa vie, si on voulait bien lui donner sa chance. J’étais convaincu que cette chance, il la méritait. Je savais néanmoins que l’attente serait longue. J’avais espoir. Pour autant, l’avenir de mon livre ne m’occupait pas l’esprit en permanence. Je ne pensais pas à lui. Pas trop. Sans se faire oublier, il se faisait discret. Je pouvais me consacrer à autre chose. Au roman suivant, par exemple, qui, trois ans plus tard, est encore dans l’état embryonnaire d’un fichier « word », mais dont mon imprimante préférée accouchera bientôt, c’est décidé


Retrouvez Philippe au fil des pages de son "Carnet vert"

23 octobre 2013

Travail de mémoire

Le 8 novembre paraitra un ouvrage qui me tient particulièrement à coeur : "Pages 14-18", recueil de 12 nouvelles écrites par les auteurs de l'association littéraire "les Noires de Pau", dont je fais partie.

Retour en arrière : Fin 2012, nous cherchons le thème de notre prochain recueil collectif. Il nous parait très vite évident que nous allons travailler autour de la Grande Guerre puisque le centenaire se profile. Il faut dire que les Noires de Pau aiment bien mélanger histoire et fiction et n'en sont pas à leur 1er coup! Guerre d'Espagne, Mai 68, la chute du Mur... les Noirauds savent plonger leurs plumes dans les grands évènements historiques.

Noire de PAU oblige, il s'agit de corser l'appel à texte pour obtenir un ouvrage qui fera le lien entre l'histoire nationale et la chronique locale. Qui dit chronique, dit journal, qui dit journal dit archives... nous voilà en route pour fouiller dans les vieux papiers!!! Au final, les vieux papiers sont numérisés, donc pas d'encre sur les doigts mais un patient défilement sur écran, ajustant le cadrage des pages au petit bonheur (fous rires assurés!)

Voilà comment, début janvier 2013, les auteurs volontaires qui ont répondu à l'appel ont reçu dans leur barda 2 pages du journal "L'indépendant des Basses-Pyrénées", sélectionnées entre le 5 août et le 30 décembre 1914. A partir de là, chacun a puisé la matière de son histoire dans les articles, annonces et autres faits divers dénichés sur ces pages. Chaque nouvelle est une fiction qui prend racine dans la petite histoire locale et finit par rejoindre les drames de la grande Histoire. Les auteurs ont piochés dans la palette des sentiments humains pour donner à voir leurs vision du conflit : mesquinerie, bêtise, méchanceté mais aussi amitié, amour, douleur...

A l'arrivée, après de longs mois de travail (écriture, correction, mise en pages, élaboration de la couverture) voilà un bel ouvrage dont nous pouvons être fiers!!!

Il est préfacé par Jean Pierre Campagne, reporter à l'AFP, qui a couvert de nombreux conflits dans le monde. Les illustrations qui accompagnent les textes et la couverture sont signées Stéphanie Lepoutre.

couv pages 14-18
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L'atelier de Fabeli
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