Lorsqu’il s’agit de définir la nouvelle, le premier critère évoqué, et bien souvent le seul, est en général celui de la brièveté, critère qui l’opposerait donc au roman, par « définition » long. Si ce critère a longtemps prévalu, il n’est pas suffisant et le mot « nouvelle » a aujourd’hui encore du mal à trouver une définition qui fasse l’unanimité, d’autant que la littérature contemporaine se plaît à estomper la frontière entre les genres.
J'ai enfin trouvé le temps de lire le récit de vie publié par le blogueur AlainX.
Dans "Le passage se crée" Alain Rohand raconte, se raconte avec pudeur. Sous forme de lettres qu'il adresse à celles et ceux qui ont balisé son parcours peu commun, il évoque le bouleversement qui a marqué sa vie alors qu'il était enfant. Dans ce récit d'une vie peu ordinaire, on suit le cheminement intérieur d'un gamin qui va se construire en luttant contre la maladie qui voudrait le terrasser.
J'ai beaucoup aimé la construction de ce récit qui évite le "pathos" pour ne garder que la lumière parfois fragile mais inextinguible de l'espoir.
Je sais que je ne suis pas très présente à l'Atelier ces derniers temps. D'autres projets ont accaparé mon attention. Entre janvier et mars, j'ai d'abord lu beaucoup afin de me documenter sur un univers qui m'était jusque là peu connu.
J'ai commencé par ce livre qui raconte les exploits sportifs de grands pilotes de formule 1 accompagnés de magnifiques photos.
J'ai continué avec celui-ci, qui reprend l'histoire du Grand Prix automobile de Pau
(car, si certains d'entre vous l'ignorent, Pau est doté d'un circuit urbain, comme Monaco)
J'ai étudié attentivement le tracé du circuit, je me suis endormie avec des images de vitesse, des odeurs de moteurs surchauffés.
Ensuite, j'ai écrit. Longtemps. Faire et défaire, toujours recommencer, jusqu'à trouver le ton qui va bien.
Voilà, j'ai terminé, mon texte est passé entre les mains du correcteur à l'oeil avisé. Il est achevé. Il va pouvoir mené sa propre vie.
Bientôt,
je pourrai vous en dire plus sur ce projet passionnant ...
Je veux bien vous dire que j'ai peur des petites bêtes, et des grosses, aussi.
Je veux bien vous dire que j’aime me laisser emporter par un livre passionnant dans le silence de la nuit.
Je veux bien vous dire que j’aime prendre des douches trop chaudes et trop longues malgré mes convictions écolos.
Je veux bien vous dire que je suis toujours contente de rentrer chez moi après un voyage, de retrouver mes couleurs, mes odeurs, mon repaire.
Je veux bien vous dire que je suis incapable de commencer ma journée sans mon petit déjeuner rituel, que j’ai besoin de ce temps de mise en route physique et mentale.
Je veux bien vous dire que j’ai du mal à jeter les objets et les papiers. Pourtant je suis capable de faire le vide, régulièrement, pour retrouver de l’air et de l’espace.
Je veux bien vous dire la joie que je ressens à mettre en mots ce qui me trotte dans la tête.
Je veux bien vous dire que je suis sûre de pleurer un certain samedi de septembre prochain en la voyant s’avancer, radieuse, au bras de son futur époux.
Je veux bien vous dire que je n’aime pas spécialement faire la cuisine et que ça me donne parfois le sentiment de trahir ma maman dont c’était l’un des talents.
Je veux bien vous dire que j’aurais voulu avoir, une fois au moins, plus de courage pour aller au bout de mes convictions.
Je veux bien vous dire que la bêtise et la cruauté me font peur. Peut-être parce que je devine qu’elles existent en moi.
Je veux bien vous dire que je suis contente de ce que je vois derrière moi et curieuse de savoir ce qui m’attend devant.
Le Père Noël vient de rentrer. Il est fatigué. Il jette sa houppelande, retire sa barbe blanche, arrache ce fichu bonnet trop serré. Il s’assoit sur le lit et tire péniblement sur les lourdes bottes fourrées. Il a mal au pieds d’avoir tant marché dans la ville avec sa hotte sur le dos. Toute la journée les enfants se sont précipités vers le grand bonhomme rouge, remorquant des parents blasés ou pressés.
Sourire, prendre une grosse voix, tapoter les petites joues rosies par le froid. Piocher dans la hotte un chocolat pour le marmot et un coupon de réduction pour les parents. Débiter d’un ton assuré le slogan publicitaire. Ne rien oublier. Tout est dans le contrat.
« Attention, contrôle surprise » a dit la dame dans son bureau surchauffé.
Cinq jours qu’il s’applique à réciter sa leçon. Pas question de perdre bêtement le job. Lundi, il rapportera la tenue de travail, la houppelande, la barbe et le reste. Il prendra le chèque, demandera s’il y a autre chose en vue. Mais non, Noël est fini. Le chômage reprend ses droits.
Je sais, ce n'est pas très gai, mais pour ça, il faudrait cesser de regarder les infos, vivre dans une bulle égoïste. Et ça, je ne peux pas. Je prends le monde tel qu'il est. Et les mots comme ils viennent!
Note du 26.12.10 : la noirceur de ce texte n' est pas à mesurer à l'aune de mon humeur. J'ai passé un joyeux Noël en famille, offert et reçu des cadeaux, partagé de bons repas. Je suis juste consciente que ce n'est pas donné à tout le monde...
Ma petite chinoise sur canapé a donc trouvé refuge entre les pages de cet ouvrage, en compagnie de 9 autres textes sur le thème de l'Asie et les mangas.
Je voudrais ne penser à rien, mener une petit vie tranquille, sans à-coup, sans histoire. Ça n’existe pas. Vivant c’est déjà une histoire. Il y a la chair, il y a le sang. Et la peau, les mains, les bouches qui se touchent. Il y a les yeux qui voient ou qui ne voient pas.
Une vie magma, une vie volcan. Qui fume, pète, balance des scories sur la gueule. Une vie en lave qui découle de nous, du dedans, du cœur, du ventre, du centre. Ça sort, ça brûle, ça fait peur. On ne peut pas faire autrement, on ne décide pas. C’est la mère, la terre qui décide pour nous. Fusion, explosion, éruption.
Je pense à moi, à mes petites douleurs intérieures qui font des bulles, qui bouillonnent. On ne les entend pas, on ne devine pas. Le volcan est endormi. On s’installe sur ses pentes, ce n’est pas grave, il est sage, il est fertile. On est bien, là, on est au chaud, à l’abri. Et puis le volcan va se réveiller. Ou peut-être pas. On joue à pile ou face. On ne joue que sa vie et rien d’autre. Ce n’est qu’une vie. Il y en a tant.
Je pense à toutes ces vies, à toutes ces morts qui s’empilent. Tranches napolitaines vie- mort- vie- mort- vie…et en haut, tout en haut, quelle sera la dernière tranche ?
Dans la famille "Polar", je vous présente Jean Christophe Tixier, qui propose de vous déposer à la "Dernière Station.
Ames sensibles s'abstenir, le voyage n'est pas de tout repos!
Au fil des stations vous trouverez quelques cadavres de filles pas beaux à voir, une équipe de flics sur les dents et un vieil Ours solitaire qui va reprendre du service.
Et n'oubliez pas de prendre un parapluie, ça pourra servir!!!
La quat' de couv' :
J'ai dévoré ce polar en 3 jours (eh! j'ai une vie à côté! ). J'ai aimé :
Le héros attachant dans sa quête de réussite
littéraire.
L'équipe de flics sympa (j'adore Yolanda qui materne son chef).
L'intrigue qui sort des sentiers battus par les séries policières de la télé.
Le duel entre l'ancien flic et le nouveau
L'importance des
aléas climatiques, qui surlignent l'atmosphère de l'enquête.
Dernière station a obtenu le prix des lecteurs du grand prix VSD.
JC Tixier est membre des Noires de Pau, auteur de nouvelles publiées chez In 8, et organisateur du salon Un aller retour dans le noir qui aura lieu les 1er, 2, 3 octobre 2010 à Pau.
Il y a un an ou presque je proposais sur le Chantier une série de textes pour lesquels je souhaitais avoir un avis pour ensuite les retravailler. Ces 12 nouvelles ( et un peu plus), toutes sur le thème du marché, je les ai réunies en un recueil que j'ai tout d'abord fait lire à une dizaine de personnes (proches et inconnues) Et parce que leurs avis ont été favorables, j'ai eu l'audace d'envoyer ce recueil à 3 maisons d'édition.
Ne vous emballez pas!
Je n'ai aucune réponse à ce jour. C'est désolant, oui, mais c'est comme ça. Il y a des centaines de textes qui emplissent les boites aux lettres des maisons d'édition. Donc, patience et longueur de temps....
Mais je n'allais pas attendre les bras ballants! J'ai repris mon stylo (le joli, celui que Nounours chéri m'a offert pour mes **ans) et mon carnet pour me remettre au travail.
Et j'ai eu la prétention d'écrire des histoires d'amour...ben tiens, rien que ça!
Seulement avec moi, l'amour, c'est plutôt bleus et cabosses que rubans roses et falbala!
Des histoires d'amour, donc, de toutes sortes d'amour...que je vous propose de lire et de commenter. Chaque texte restera une semaine.
Alors, affûtez vos yeux, ça commence aujourd'hui !!!
là, juste en dessous...
Ajout du 10.10.07
Je vous ai proposé 7 textes dans la série "ici, on aime"
Je tiens à vous remercier pour votre patiente attention. Les
commentaires que vous avez émis sur ses textes me seront très utiles
pour les retravailler. (toujours sur le métier remettre son ouvrage! )
Je découvre cet auteur (mieux vaut tard que jamais) avec ce roman acquis lors su salon du polar de Pau à l'automne dernier. Je me joins au choeur des louanges lues ici ou là... un très bon polar, avec une intrigue qui vous incite à souhaiter vivement expédier les affaires courantes pour vous retrouver au chaud sous la couette, lunettes sur le nez et livre en main.
Beaucoup de personnages, un peu difficiles à suivre au début...et puis tout s'installe et on se laisse porter, emporter!
Deux figures se dégagent, Nadia, la juge d'instruction, avec son histoire familiale qui finit par rejoindre l'intrigue criminelle. Et Rovère, le flic cassé, adepte des alcools forts pour surmonter une histoire personnelle poignante. Je suppose qu'à sa sortie, en 1993, ce roman a fait preuve d'innovation avec ses scènes macabres très visuelles, sa construction éclatée sur plusieurs voix (dont celle de l'assassin) et cette intrigue en lien avec l'Histoire des camps de concentration.
La quat'de couv'
« La main droite avait été tranchée, net, au niveau du poignet. Rien ne
permettait d’identifier le cadavre, celui d’une femme. Dans la semaine
qui suivit, on en découvrit deux autres, assassinées selon le même
rituel. Si le meurtrier tuait ainsi en amputant ses victimes, c’était
avant tout pour renouer avec ses souvenirs. Il effectuait un voyage
dans le temps. Mais pour aller au bout du chemin, il lui fallut
emprunter une route que bien d’autres avaient suivie avant lui. Des
hommes, des vieillards, des enfants. Des femmes aussi. »
Le début : "Je vous préviens, c'est un véritable poème...murmura Diméglio"
Folie d’écrire, de laisser les
mots franchir le barrage du cœur, du ventre, de la raison.
Raison bousculée, aller à la
pêche aux mots dans la vase de nos entrailles.
Et même si la plume grince sur le
papier, même si la plume coince à l’interligne,
continuer, ne pas lâcher, tracer,
tracer, coûte que coûte, poser les signes sur cette page parfois trop blanche,
parfois trop courte.
Courtes me paraissent ces heures
d’évasion, je voudrais qu’elles s’étalent, qu’elles s’étirent à ne jamais finir.
Ne jamais finir d’écrire, de
laisser sortir ce jus sombre et surprenant.
" Ecris, écris, me
souffle la petite voix intérieure de la passion, écris, écris, et plus tu
écriras plus tu sauras"
Tu sauras d’où tu viens, tu
sauras qui tu es, tu sauras même où aller.
Aller là où te porte ta voix, là
où t’entraînent les mots, un peu plus loin, encore un peu.
Peu importe la peur, peu importe
le temps, ça demande de la patience, parfois même de la souffrance.
La souffrance de fouiller dans
les replis, dans les recoins, ceux que la lumière n’atteint pas.
Pas évident d’y regarder de plus
près, dans ces coins là, ça poussière, ça grisaille, ça s’entasse, ça
s’encrasse et ce n’est pas beau d’y mettre les doigts.
Les doigts qui tripaillent dans
ce tas épais et sombre, ce tas d’émotion, de remords, de colère, de regrets.
Regrets de n’avoir pas dit, pas
pu, pas fait.
Fait du beau, du joli, de
l’honnête, du facile.
Facile à dire, mais plus
difficile à faire, les belles choses.
Les belles choses, on les
voudrait pour nous, tout le temps, mais ça s’échappe, ça fout le camp, comme le
bout de savon trop mouillé qui ne veut pas nous laver.
Nous laver de nous-même, c’est ce
que nous voudrions dans l’écriture, se débarbouiller, se décrasser, faire le
ménage et s’apprivoiser.
Apprivoiser ce cœur qui n’en fait
qu’à sa tête, sursaute et tressaute au moindre courant d’âme.
Ame qui vive dans nos ventres
surchargés, âme qui pleure dans nos cœurs éventrés.
Eventrés de douleur, éventrés de
terreur, reste l’écriture pour panser nos plaies jamais refermées.
Refermer le cahier quand les mots
sont posés, ranger la tripaille dans le ventre allégé, clore la bataille contre
soi-même menée.
Mener son cœur au repos, il l’a
bien mérité. Jusqu’à la prochaine page. Jusqu'à la prochaine plage. Plage de
temps. Temps d'écrire. De s'écrire.
Je l'avais dit, je l'ai fait.
Dimanche, Frédérique,et moi avons tenu le stand de
l'association des Noires de Pau au salon du livre de St Vincent de
Tyrosse.
Une belle journée de partage autour du livre et des mots. Expliquer le but de notre association, conseiller le chaland sur les différents recueils et roman proposés, visiter les autres exposants, admirer le savoir-faire de la relieuse ou de l'enlumineur, feuilleter au hasard des étals. Et bavarder avec ma camarade de notre passion commune... l'écriture!!!
Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je sors d'un livre qui m'a touchée, émue, chamboulée, j'ai du mal à rentrer tout de suite dans un autre univers littéraire.
Ce serait comme enchaîner 2 repas gastronomiques ou bien 2 films superbes, ou bien visiter des musées les uns sur les autres, ou bien commencer une histoire d'amour alors que la précédente est encore tiède...enfin bref, moi, je ne peux pas.
Alors, sur ma table de nuit, il y a un livre-tampon. Un livre que je peux prendre et laisser sans risque de me perdre, un livre qui se mange par petit bout, un livre qui ne déclenche aucun cyclone émotionnel. Ce livre-là, c'est un ami, un ami rassurant, un ami qui ne demande rien, qui sait que, dans ces moments là, j'ai besoin d'apaisement et de compréhension. En ce moment, ce livre-ami, c'est celui-ci
Alors, après avoir refermé "Des hommes", je feuillette chaque soir cet auto-dictionnaire qui me promène dans l'univers de Simenon.
J'ai un peu l'impression de regarder par la fenêtre, sans que l'on se doute de ma présence. Je vois le bonhomme, assis devant sa machine, le matin, je vois la rangée de pipes bourrées, j'entends les discussions avec un visiteur, un éditeur, une compagne. J'entends aussi les pensées et ruminations de cet auto-didacte, qui voulait, à travers l'écriture, comprendre l'homme en entier, comme un médecin comprend son patient. Je lis des morceaux de toutes ses lettres écrites en un temps où la pensée suivait le rythme de la main sur le papier.
Je suis toujours curieuse de voir un écrivain de près! De savoir pourquoi, comment, par quel chemin...
Un soir, entre deux trajets professionnels, je suis entrée dans la librairie toute éclairée pour écouter Laurent Mauvignier parler de ce roman. Il a une voix douce mais ferme, il parle avec des mots simples, avec lui l'écriture n'est pas quelque chose de compliqué et d'inaccessible. Il parle de son choix d'aborder ce sujet difficile qu'est la guerre d'Algérie, à cause des blessures encore fraîches dans la mémoire collective. Il parle de son père qui n'en parlait pas justement. Il dit que ce n'est pas un livre sur la guerre d'Algérie, que c'est juste un roman, une histoire, avec des personnages inventés. Il dit qu'il a quand même fait beaucoup de recherches, visionné des documentaires, regardé des photos de "là-bas". Il dit que lui, ce qu'il voulait, c'est essayer de comprendre "comment les choses durent après qu'elles sont finies"
"Il était plus d'une heure moins le quart de l'après midi et il a été surpris que tous les regards ne lui tombent pas dessus, qu'on ne montre pas d'étonnement parce que lui aussi avait fait des efforts, qu'il portait une veste et un pantalon assortis, une chemise blanche et l'une de ces cravates en Skaï comme il s'en faisait il y a vingt ans et qu'on trouve encore dans les solderies."
Cet incipit est caractéristique de ce roman, des phrases longues, voire très longues, emmêlées, saccadées. des phrases qui donnent une idée de la rumination mentale de ces hommes, coincés dans leur tête par le souvenir des horreurs vues ou commises.
Ce roman parle de la douleur du silence imposé. Imposé par soi-même, parce qu'on voit bien que ce n'est pas possible de parler de ça, ici, chez nous, devant les vieux parents ou les voisins.
"ça" c'est la guerre d'Algérie, une guerre qui n'en est pas une, et puis si, quand même. Ce roman parle de ces jeunes, partis puis revenus, en apparence les mêmes, deux ans, qu'est-ce que c'est deux ans? Et pourtant dedans tout est foutu. Malgré tout, ils vont vivre, enfin, essayer de vivre normalement, tenter de se refaire une vie. Mais les coutures finissent par craquer...
J'ai beaucoup aimé ce livre malgré les 40 premières pages un peu confuses. Une écriture surprenante au service de personnages démolis intérieurement, démunis devant le poids de cette impossibilité à dire. Un roman difficile, qui ne se laisse pas lire avec légèreté, qui oblige à réfléchir. Une histoire dont l'écho va longtemps résonner en moi.
Lors de la rentrée littéraire, j'ai été touchée par un auteur que j'ai entendu ou vu plusieurs fois à la radio ou à la télé. Le thème choisi pour son nouveau roman m'a touchée et j'ai eu la chance d'assister à la présentation qu'il est venu faire chez mon libraire.
Au début ça commence un peu comme ça... "On se souviendra que derrière Feu-de-Bois on pourrait retrouver Bernard.(...) On se rappellera qu'il n'a pas toujours été ce type qui vit aux crochets des autres."
Ensuite, ça continue comme ça ..."Les soldats envahissent le village et courent en criant, ils crient pour se donner du courage, pour faire peur, comme des râles, des souffles, alors les vieilles lâchent les paniers qu'elles sont en train de tresser et regardent les jeunes hommes et s'étonnent de ce qu'avec des armes dans les mains on dirait que ce sont eux qui ont peur."
Et comme ça aussi ... "...et cette fois dans le ciel bleu il y a comme une envie de sortir et de courir, de crier, de dire qu'on veut en finir et certains pensent qu'une fois dans les collines, une fois qu'on se sera battus, alors on sera nous aussi des soldats qui auront connu le feu et on pourra rentrer chez nous et reprendre la vie normale dans les champs et les usines"
J'aime l'écriture dense et parfois destructurée de cet auteur que je découvre.
J'aime le choix de son point de vue pour traiter un sujet qui est encore très sensible dans la conscience collective.
Il publie depuis 1999 des romans plutôt intimistes sur les non-dits, les secrets et la douleur qui en découle.
Bien sûr, je vous en parlerai dès que je l'aurai fini...d'ailleurs, j'y vais, là, tout de suite... le voilà......Bonne nuit !!!
C'est le premier recueil de l'auteure qui avait, jusque là, participé à des concours de nouvelles ou publié en revue. J'ai beaucoup aimé l'écriture simple et sans fioriture. La priorité est donnée à la peinture sensible de l'ordinaire qui nous entoure. Les personnages qui apparaissent sous la plume de l'auteure n'ont pas jailli de nulle part. Ils sont extraits de notre réalité. Une réalité plutôt noire, serrée au plus près de l'ordinaire avec une grande humanité. Ces gens là ne sont pas des héros, ils font juste ce qu'ils peuvent.
Parmi ces 13 nouvelles, voilà celles que j'ai un peu plus préférées :
Assistance technique
La place du mort
Le chemin à l'envers
Le début..."Le corps que l'on distingue penché dans la pénombre au-dessus du lit, est celui d'une femme mince, de stature moyenne, sans autre signe particulier que la légère voussure de ses épaules : Mélanie Bix fait ses bagages"
Je remercie Mimik, qui, depuis son Blog Eclectique, a eu la gentillesse de me taguer pour me décerner un award d’ « awesome blogger »
Comme Mimik est une chic fille qui m'a fait découvrir le haiku, J'accepte de me prêter au jeu dont voici les règles en quelques points :
1. Remercier celui qui l’a donné 2. Copier l’award 3. Le poster sur son blog 4. Dire 7 choses que les lecteurs ne savent pas sur soi 5. Mettre les liens de 7 bloggueurs 6. Les prévenir qu’ils ont gagné un award
***
Donc voici 7 choses que vous ne savez pas -encore- sur moi :
Il y a la douceur d'un automne
ensoleillé, les premiers champignons dégustés et les premières châtaignes. Il y
a ces quelques plaisirs saisonniers pour nous faire oublier l'arrivée
inexorable de l'hiver, l'endormissement de la terre, le gris lourd du ciel qui
hésite entre pluie et neige.
Il y a cette envie de ne pas se
laisser envahir par le froid et la tristesse. Une envie de petits bonheurs
fragiles à saisir coûte que coûte. Il y a cette volonté farouche de vivre la
vie au plus fort. Il n'est pas question d'abus, de sensations fortes,
d'exagération. il s'agit plutôt d'investir sa vie en totalité, de l'appréhender
dans son entier, du début à la fin. De se laisser envahir par toute une gamme
de sensations, de sentiments, qui nous rendent vivants.
Je vois donc je vis, je touche,
donc je vis, j'aime donc je vis. Je ris, je pleure, je hais donc je vis.
A travers toi, lui, elle, vous,
je vis.
Avec ou contre, je vis.
Au-delà de moi, je vis.
J'accepte de vivre cette vie
offerte un jour de mai par une femme hurlant de douleur.
Je prends soin de ce cadeau
magnifique. Je le respecte, je le soigne. C'est une vie unique, c'est la
mienne, elle est ce que j'en fais.
En visitant le royaume de mes statistiques, je constate que nombre d'entre vous passent encore par le Chantier, mon ancien blog, pour arriver ici, dans l'Atelier. Je vous suggère de vous inscrire à la newsletter de Fabelire (là, en haut à gauche, suffit de cliquer), pour être prévenus directement à chaque publication.
Et pour chaque abonné,
un petit cadeau *
et c'est un petit bout de moi qui se glissera dans les pages de votre livre préféré!!!!
*un marque page fait de mes petites mains que vous recevrez par mail ( suffira de l'imprimer )
-Vous
ne pouvez pas m’appeler directement, non, non !
-Mais
enfin, monsieur, vous faites paraître une annonce avec votre numéro de
téléphone, alors c’est normal que les gens vous appellent, non ?
-Pas
du tout ! Pas du tout ! Ce n’est pas ce qui était prévu.
-Ah !
Vous mettez une annonce et vous ne voulez pas que l’on vous appelle ?
-Mais
enfin, mademoiselle ou madame, sur le contrat il est bien stipulé qu’il n’y a
pas de contact direct ! Tout passe par l’agence.
-L’agence ?
Quelle agence ?
-Vous
ne savez pas de quelle agence je parle ? Pourquoi m’appelez-vous
alors ?
-Je
vous appelle pour l’annonce ! L’ANNONCE ! Vous avez bien fait
paraître une annonce ?
-Oui.
-Alors
je vous appelle à ce sujet, pour votre annonce.
-Non,
ce n’est pas possible.
-Mais
si c’est possible !
-Non !
-Attendez !
Votre numéro de téléphone est bien le 06.84.58.25.41 ?
-Oui,
mais comment le savez vous ?
-Mais
parce qu’il est dans l’annonce, enfin !
-Ah !
Non, ce n’est pas possible ! Toutes les données personnelles restent
confidentielles, c’est dans le contrat.
-Quel
contrat ?
-Le
contrat de l’agence, voyons !
-Bon,
écoutez-moi bien, votre numéro, je l’ai sous les yeux, là, page 11, 3ème
colonne :
« à
vendre Peugeot 103 150€ 06.84.58.25.41.
-Non,
ce n’est pas possible !
-Mais
si, c’est possible, je n’invente rien, je lis.
-Non,
ce n’est pas mon annonce.
-Ce
n’est pas votre annonce ?
-Non,
pas du tout !
-Mais
pourtant, c’est bien votre numéro de téléphone.
-Oui !
Mais le reste ce n’est pas possible.
-Bon,
écoutez-moi, monsieur-ce-n’est-pas-possible, il doit y avoir un bug quelque
part.
-Oui,
parce que ce n’est pas possible !
-Ça
va, je comprends bien que ce n’est pas possible ! De toutes façons, le
103, je ne veux pas l’acheter.
-Comment
ça, vous ne voulez pas l’acheter ? Pourquoi, appelez-vous, alors ?
-Qu’est
ce que ça peut vous faire puisque ce n’est pas votre annonce ?
-Non,
bien sûr, ce n’est pas mon annonce, mais je trouve ça bizarre, que vous
appeliez pour une annonce si vous n’êtes pas intéressé.
-Si,
je suis intéressée !
-Alors,
vous voulez l’acheter ce 103 ?
-Non,
je veux juste une photo de vous avec le 103.
-Une
photo ? Ils ne vous l’ont pas donné à l’agence ?
-Qu’est
ce que vous avez, à la fin, avec votre agence ?
-Si
vous êtes intéressée par mon annonce, ils ont dû vous montrer ma photo ?
-La
photo avec le 103 ?
-Mais
non ! la photo sur la plage, à Nice, c’est celle là que j’ai donné.
-Ecoutez,
moi je veux juste une photo avec le 103.
-Mais
je n’ai pas de 103 !
-Mais
alors, l’annonce…
-Mon
annonce n’a rien à voir avec un 103. Je ne sais pas ce qu’ils ont foutu, à
l’agence ! Je croyais que c’était sérieux, qu’on pouvait leur faire
confiance. Ça m’apprendra ! Quel crétin je suis !
-Non,
ne dîtes pas ça, je suis sûre que tout va s’arranger.
-Oh !
Non, rien ne s’arrange avec moi. Les choses les plus simples se compliquent dès
que je m’en mêle. J’ai l’habitude ! Enfin, ça n’a pas toujours été comme
ça, mais depuis six mois…
-Je
suis certaine que vous exagérez un peu. A bien y réfléchir, je crois que vous
n’y êtes pour rien et moi non plus.
-Vous
croyez ?
-Mais
oui ! Moi, je cherche des annonces de 103 dans le journal, je vous appelle
et vous me dites que ce n’est pas votre annonce. Donc, il semblerait que ce soit
une coquille.
-Une
coquille ?
-Une
erreur d’impression, si vous préférez !
-Ah !
Je commence à comprendre ! Vous avez composé mon numéro mais pas au sujet
de mon annonce !
-Oui !
-Ahhh !
Je préfère ça ! Ça veut dire que l’agence ne donne pas mes coordonnées à
n’importe qui !
-Merci,
pour le n’importe qui !
-Oh !
Je suis désolé, ce n’est pas ce que je voulais, mais j’ai eu si peur en pensant
que vous appeliez pour mon annonce !
-J’accepte
vos excuses, elles ont l’air sincère ! Mais qu’a t-elle donc de spécial,
votre annonce, pour vous affoler comme ça, au premier coup de fil ?
-C’est
parce que je n’ai pas l’habitude.
-L’habitude
des annonces ?
-Oui !
-Ce
n’est pourtant pas sorcier de passer une annonce.
-Pour
moi oui, ça m’a demandé un gros effort. Je me faisais l’effet d’un taureau au
marché à bestiaux.
-Ah ?
-Oui,
c’est un peu compliqué à comprendre. Mais vous-même, que voulez vous faire avec
vos photos de 103 ?
-Oh !
Moi, c’est pour une œuvre d’art.
-Ah ?
-Je
suis artiste et je prépare une expo.
-Sur
les Peugeot 103 ?
-Non !
Pas sur les 103, voyons ! Sur le concept émotionnel du rapport à la
machine.
-Oh !
Je vois.
-Vous
ne voyez rien du tout, monsieur-ce-n’est-pas-possible !
-J’aime
bien quand vous riez. Oh! Excusez-moi !
-Pourquoi
vous excuser ? J’aime bien rire et si ça vous plait, tant mieux !
Bon, puisque vous n’avez pas de 103, je vais tenter ma chance ailleurs.
-Vous
partez déjà ?
-Pourquoi
déjà ?
-Eh
bien ! je commençais à m’habituer à votre voix, et…
-Et ?
-Eh!
bien…
-Oui ?
-Vous
croyez que vous pourriez m’expliquer votre concept de la machine qui se
rapporte à l’émotion ?
-Non !
Vous mélangez tout !
-Non,
vous ne voulez pas m’expliquer ?
-Si,
je veux bien, mais là, au téléphone, ça va être un peu long, et…
-Vous
aimez l’imprévu ?
-L’imprévu ?
Euh ! Oui, j’aime bien l’imprévu mais je ne vois pas…
-Le
bar « l’Imprévu » ! Place royale ! Je vous y attends ce
soir, à 19 heures.
-Eh !
Vous ne perdez pas le nord, vous ! Comment vous reconnaitrai-je ?
-Je
n’aurais pas de 103 avec moi, mais disons… une rose, c’est moins original qu’un
103, mais plus facile à offrir !
Je viens de lire ce recueil de nouvelles écrit par Françoise Guérin.
Il est question de psy, de patient, de maladie mentale. Les deux premières histoires sont assez caustiques mais restent légères. Ensuite, le propos se fait plus sensible sur cet univers à part. Certains textes sont même poignants ("Gardes fous", "ça va bien se passer", "un dimanche au bord de l'autre")
Et puis, trouvaille géniale, il y a les 13 "divans", répartis tout au long des 12 nouvelles du recueil et qui, rassemblés, forment une treizième nouvelle, avec une chute inattendue et marquante.
J'ai bien aimé ce recueil qui révèle sa richesse au fil des pages et nous plonge dans le quotidien du monde des "psy", un quotidien qui dérape un peu trop souvent.
Le début..."Depuis toujours je voyais des divans, comme ça, dans les films, et je me demandais ce que ça faisait de s'allonger dessus"
Tout a commencé par un concours de nouvelles, le premier auquel j'ai participé... et j'ai gagné!!!
Mon texte a été retenu pour figurer dans le recueil édité par les Noires de Pau
( 5 nouvelles adultes et 6 nouvelles jeunes)
Les résultats du concours ont été proclamés samedi 3 octobre, sous un soleil radieux et dans le cadre de la première édition du Salon du polar
Sur le stand des Noires de Pau
j'ai plongé tout de suite dans mon rôle d'auteur(e)
et j'ai dédicacé ma nouvelle à qui le voulait bien!
J'ai fait la connaissance des autres auteurs primés, comme ici Frédérique Panassac,
Et j'ai eu le plaisir de discuter avec le parrain du Salon, Francis Mizio, qui a préfacé le recueil
C'est une expérience inoubliable! J'ai profité de toutes les minutes de ce moment incroyable et je remercie toute l'équipe des Noires de Pau pour leur accueil chaleureux et leur enthousiasme.
Et on remet ça au Salon du livre d'Orthez le 10 et le 11 octobre, à Bordères le 17 et le 18 et au Salon du livre de Pau début novembre...
Et je vais avoir le plaisir de rencontrer plein d'auteurs, des vrais, des durs, des publiés (z'avez qu'à voir sur le programme) et puis aussi des presque vrais, des qui font tout comme, qui se plantent plusieurs heures devant des feuilles de papier blanc, et qui attendent, patiemment, que tous les mots qui dansent la sarabande dans leur tête finissent par se poser sur ce foutu papier blanc, si blanc, et qu'on voudrait voir si noir, tout noir de mots.
Je me souviens que tu nous emmenais parfois avec toi dans le bateau pour une promenade sur le lac d'Hossegor. Je me souviens que tu aimais brosser longuement nos cheveux. Tu défaisais les nœuds. Je me souviens que certains dimanches, nous partions voir les avions, postés en bordure d'un aérodrome. Je me demande à quoi tu rêvais, les mains dans les poches, adossé à la voiture, les yeux au ciel. Je me souviens que tu aimais faire des feux de feuilles mortes dans le jardin. Nous n'avions pas le droit d'approcher. Je me souviens de nos départs en vacances, en Espagne. Tu conduisais de nuit, nous, couchées à l'arrière, en pyjama, hypnotisées par la course des réverbères. Je me souviens que tu dansais avec maman lors des fêtes de famille. Je me souviens que lorsque j'ai eu 10 ou 12 ans, tu me faisais danser aussi. Je me souviens qu'il ne fallait pas piper mot, le midi, pendant que tu écoutais le jeu des mille francs. Des souvenirs, voilà ce qu'il me reste depuis hier, 14h50.