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L'atelier de Fabeli
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L'atelier de Fabeli
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4 décembre 2014

extrait de A coeur perdu

 

Tu te sens fatigué, après ces longues heures de train mais tu es si heureux d’être ici avec Sonia et Hugo. Habituellement, tu partages tes chambres d’hôtel avec d’autres pilotes ou bien tes mécaniciens, pour ne pas être seul. Ta femme ne veut plus venir sur les circuits depuis ce dimanche de février 58, à Reims, lors d’une séance d’essais qualificatifs. Aux premiers tours, tout allait bien. Et puis il a fallu que, dans ce foutu virage… quelques centimètres mordus sur l’herbe mouillée. Quinze jours d’hôpital, trois vertèbres secouées, une main salement amochée. Pourtant, un mois après, tu pilotais à nouveau. Parce que tu savais que, dans la jungle des circuits, mieux vaut ne pas se faire oublier trop longtemps. Tu arrivais sur le circuit avec une minerve, tu l’enlevais le temps de la course et tu repartais en serrant les dents te bourrer de calmants.

Ce jour-là, Sonia a soudain réalisé que ta vie était en jeu mais que tu ne renoncerais pas à ton métier.

Depuis, elle ne cesse d’avoir peur pour toi. Une peur incontrôlable, insurmontable. C’est un déchirement à chaque départ. Elle commence par te supplier d’arrêter la course, de penser à votre fils. Elle parle de te voir reprendre l’affaire de ton père. Elle tient le compte des morts autour de toi. Ascari en 55, Hawthorn en 59, et Collins, la même année. Des larmes, des prières. Puis, comme tu ne cèdes pas, viennent les cris et les menaces. Tu n’es qu’un monstre égoïste. La maison sera vide à ton retour, elle trouvera ailleurs un homme sérieux, compréhensif…

Mais tu pars. Et elle reste seule avec votre fils, effrayé par vos hurlements. Elle reste, le cœur tremblant, avec sa peur, sa terrible peur de ne pas te voir revenir.

 

Extrait de "A coeur perdu"

(In recueil collectif "Les Noires ...plein Pau" 2011)

couv gpp 2011

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9 mars 2015

Boomerang

serrureenvol

Ecrire est un acte solitaire. Moi face à la page blanche. Ça dure un temps. Plus ou moins long. Macération. Maturation. Création. Et quand arrive le premier point final, je fais quoi? Je relis. Une fois, deux fois, trois fois. Et relisant, je corrige. Et je relis. Une fois, deux fois, trois fois. Et relisant je... tourne en rond. Moi face à la page qui n'est plus blanche, cercle vicieux. Moi, mes mots, mes mots et moi. Je n'en sors pas. Le moment est venu d'élargir le cercle, de convoquer d'autres yeux.

Le moment est venu de donner à lire pour savoir ce que ça vaut. Parce qu'avant de continuer, j'ai besoin de savoir si je suis dans la bonne direction. Si, sur ce chemin que j'ai choisi d'emprunter pour raconter mon histoire, le lecteur va me suivre. Ça me parait essentiel parce que je n'écris pas pour moi, j'écris pour lui, pour partager avec lui, le lecteur.

C'est un moment de grande fragilité que celui où je partage pour la première fois un travail en cours. J'ai le sentiment d'être vulnérable!  Et si je m'entendais dire que ça ne vaut rien (sous entendu "je ne vaux rien")? Pourtant je me méfie des retours trop positifs qui tiennent en 2 lignes. Ils ne m'apprennent rien sur mon travail. Je préfère les retours mitigés mais argumentés.

 J'ai la chance d'avoir autour de moi des « premiers lecteurs » de confiance (je n'aime pas trop le terme de beta-lecteur!) Leurs retours me sont précieux. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec les remarques formulées, ces échanges me permettent de réfléchir sur le travail en cours, de prendre une certaine distance qui va m'amener à revoir ou bien conforter mes choix initiaux. A partir des différents avis récoltés, je vais pouvoir reprendre le fil de mon écriture.

Finalement, écrire est un acte solitaire et …solidaire !

22 novembre 2015

Humain par amour

Il y a 10 jours, à Paris, la terreur a frappé aveuglément, jeunes, vieux, filles, garçons, croyants, athées. Tuer pour tuer.

Il y a 10 jours, j'étais au chaud et en pyjama quand l'horreur a débarqué en direct dans mon salon. Stupeur, incrédulité, douleur, colère, peur, tristesse, compassion.

Dans les jours qui ont suivis ce terrible vendredi 13, j'ai pris des nouvelles des Parisiens que je connais, familles, amis, j'ai suivi la progression de l'enquête, les arrestations, les manifestations de soutien mondiales (c'est incroyable de constater le rayonnement de la France à l'étranger, ça nous oblige à en être digne). J'ai allumé une bougie en pensant aux victimes, communion nationale, je suis allée donner mon sang, pour réalimenter les stocks pillés par la prise en charge de centaines de blessés.

Et puis les petites affaires intimes reprennent le dessus, le quotidien, ma petite santé à soigner, mon petit frigo à remplir, mes petites affaires, ma petite vie. Si petite cette vie et pourtant si précieuse. Précieuse pour les gens qui m'aiment, ces quelques personnes si proches de moi pour lesquelles ma présence sur terre semble utile, voir indispensable. Et je pense soudain à ces 129 vies volées, 129 petites vies si précieuses pour les gens qui les aimaient. 129 vies arrachées à l'amour de leurs proches dans un moment d'une grande violence par 8 autres petites vies. 8 personnes qui ont cessé soudain de ressentir de l'empathie, de la compassion, 8 personnes qui ont perdu en une seconde le souvenir de l'amour qu'il ont reçu. Et la perte de ce souvenir a signé la perte de leur humanité.

Parce que c'est l'amour qui fait de nous des humains. C'est l'amour qui pétrit notre cœur et lui donne la capacité d'aimer à son tour, c'est l'amour qui nourrit notre âme et la conduit à nourrir à son tour. Cet amour qui, de l'un à l'autre, gagne par capillarité le plus grand nombre d'entre nous. Un amour qui a la force de franchir les frontières, les opinions, les religions. L'amour, c'est la seule ressource à utiliser sans retenue, la seule ressource qui se renouvelle d'elle même parce qu'elle est consommée. A nous d'en faire une inépuisable ressource mondiale.

 

Amour M

 

28 juillet 2014

Un coup d'oeil?

91044884_o Je travaille actuellement sur un projet de recueil de nouvelles. A terme, il y aura sans doute 4 ou 5 textes d'environs 20 ou 30000 signes. Je viens d'en achever un (c'est un premier jet, un premier point final!) et comme je l'ai toujours fait pour la plupart de mes précédents projets, je vous propose de le lire et de me donner un avis.

Si ça vous dit, allez-y! le texte est là.(ben non, il n'y est plus!)

Remarque : Je sais qu'il doit y avoir encore quelques "fôtes", je ne suis pas infaillible, loin de là, mais j'ai autour de moi quelques spécialistes qui m'aideront à nettoyer tout ça sur la version finale! A ce stade de travail, j'ai surtout besoin d'un avis sur le fond, votre ressenti, vos émotions (s'il y en a!)

Bonne lecture!

EDIT DU 17.08.14 : Merci à vous tous qui avez bien voulu m'accorder un peu de temps pour m'envoyer  par mail un avis sur le texte proposé. Comme d'habitude, je vais regrouper vos remarques et me remettre au travail. En attendant, j'ai commencé un nouveau texte!

11 juillet 2014

Un point final, des points finaux

 

point final

Le point final, c'est l'horizon de l'écrivain, une ligne lointaine sur laquelle on lève parfois les yeux en cours d'écriture mais qui parait si éloignée qu'on en a presque un vertige. Alors on baisse les yeux sur la page et on se remet au travail.

Pourtant, un jour, vient un point final. Le premier. Parce qu'il n'y en a pas un mais plusieurs. Le premier, c'est presque le plus facile à atteindre. C'est celui du premier jet. Si je suis en forme, disponible, j'y parviens sans trop de peine. Au bout de quelques jours à quelques semaines, l'histoire est là, posée sur la feuille (papier ou virtuelle). D'une idée de départ ont jailli les mots pour le dire. Les personnages, l'intrigue, le décor... tout y est, au moins dans les grandes lignes. Je suis heureuse de toucher au but (ça tient un peu de l'émotion primitive que l'on pouvait ressentir, gamin, à toucher le mur en premier lors d'une course dans la cour de l'école)

Mais si je sais bien que ce répit est de courte durée. Et je dois bien reconnaitre que le texte qui s'impose à mes yeux après une nuit de sommeil n'est absolument pas fini. Dès les premières lignes surgissent les défauts de la matière (à la manière d'un papier peint trop vite posé qui laisse apparaitre des cloques et des plis qu'il va falloir faire disparaitre patiemment) A la fin du premier paragraphe le découragement me saisit. Comment cette histoire, hier si géniale, peut-elle aujourd'hui donner ce texte truffé de fautes, de répétitions, d'incohérences, de maladresses?

A ce moment précis, j'ai deux possibilités : ou bien, laissant la vague du découragement me submerger, je jette mon travail à la poubelle et décide de ne plus jamais écrire quoique ce soit, ou bien, je vais chercher au fond de moi un éclair de confiance puis je retrousse mes manches et me remets au boulot. Ligne après ligne, mot après mot, je vais entrer en pays de réécriture. Une contrée rude, au climat harassant, alternance d'éclaircies et de tempêtes. La réécriture, c'est un pays de longues et mornes plaines de travail entaillées de crevasses de désespoir, hérissées de pics de colères, noyées sous un déluge de découragement. Une fois, deux fois, dix fois, je croirait avoir posé ce fameux point final. Mais à chaque ultime relecture, une cloque, un pli, ça n'en finit pas!

Jusqu'au jour où... le dernier, le vrai, LE point final se pose enfin sur la dernière page, après le dernier mot. Avec un peu d'expérience, j'ai appris à le reconnaitre. Peut-être à cette sensation de relâchement dans le ventre (oui, toujours ce lien entre le ventre et l'écriture!) Alors je sais que le texte est fini, vraiment fini!

 

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9 juillet 2015

Mémoire

Je me souviendrai de tout. Les paroles s'envolent, les écrits restent. Ma mère disait ça. J'écris pour tout garder, pour ne rien perdre en cours de route. J'écris pour m'accrocher, pour ne pas couler. J'écris les rires, j'écris les larmes et la fuite des jours. Je me souviendrai de la petite fille qui avait peur de tout. Je me souviendrai de la jeune fille indécise. Je me souviendrai de la femme que je deviens chaque matin. Je me souviendrai d'une femme qui oubliera peut-être qu'elle ne voulait rien oublier.  Ma mémoire est si fragile, plaque de verre fine et claire, prête à se briser au moindre souffle. Les mots sont là pour la préserver, ils gardent ma mémoire en mémoire. Ils sont la preuve que je suis vivante, que je laisse une trace pour ne pas me perdre. Les mots me tiennent assemblée. Sans eux, je finirai en milles morceaux.

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15 juin 2015

Paroles de lecteur sur "Ami es-tu là?"

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CHINOISE SUR CANAPE : j'ai appris des choses sur les difficultés de vie en Chine! J'ai aimé la complicité qui s'installe entre ces deux enfants...
CAMINANDO: malgré la différence d'âge et de culture, une amitié est née...une très belle histoire!
TAMBOUR BATTANT : une rencontre forte entre deux enfants...ma nouvelle préférée!
Toutes les histoires sont très agréables à lire... Un vrai bonheur!
(Clara O., 11 ans, lectrice)


 

Chinoise sur canapé : Mon personnage préféré est Mathis parce qu'il est gentil avec la Chinoise.
Caminando : Mon personnage préféré est Isa parce qu'elle a le même caractère que moi!
Tambour battant : J'aime tous les personnages, mais j'ai quand même mon préféré, c'est Camille, car il est courageux et fort!
(Miri R., 9 ans, lectrice)

 

15 mai 2014

Dernières lectures

tachTachycardie : Je découvre l'univers d'écriture de Frédéric Villar avec ces trois nouvelles. Une écriture souple, actuelle mais soignée. Un univers qui donne, surtout dans le premier texte,  la part belle au Sud, sa lumière, sa chaleur, son tempérament! Mais, derrière les décors de fête, derrière l'amabilité climatique, l'auteur ne perd pas de vue l'humanité de ses personnages, leur fragilité face aux béances d'une société qui, elle, perd un peu plus chaque jour son humanité.

 Adele-et-Lee

Adèle et Lee : Une nouvelle qui reprend un thème classique de la littérature : la jeune élève qui tombe amoureuse de son professeur. Oui mais, il y a chez Mélikah Abdelmoumen un ton, une façon de raconter cette aventure, qui m'a tenue de bout en bout.

Extrait : " Lee parlait le français avec cet accent irrésistible qu’ont les Américains qui sont de vrais francophiles : léger, presque imperceptible, aguichant comme un secret. Il avait les cheveux noirs et portait la moustache sans la moindre touche de ridicule. Un croisement entre Freddie Mercury et Don Draper, de la série Mad Men."

 

Lamour-sans-le-faire

L'amour sans le faire : Joncourt, on me dit toujours que c'est bien mais je n'avais jamais rien lu de lui. Erreur réparée! Il me semble qu'il y a un proverbe qui dit : "quand tu ne sais plus où tu vas regarde d'où tu viens". Et c'est tout à fait ce que raconte ce roman tendre et solaire à la fois. Franck rend visite à ses parents par surprise, dans la ferme familiale. Les parents se barrent en lui laissant Louise, leur belle-fille et Alexandre, son fils. Ces trois-là vont s'apprivoiser, se toucher, se parler. Rien de mièvre, juste une douceur et une justesse qui m'ont beaucoup touchée.

Ici l'avis de la "facétieuse Lucie"

 

3h

Trois heures avant l'aube : le dernier né de Gilles Vincent. Un très bon polar, une intrigue originale, plantée dans notre actualité quotidienne. La commissaire Aicha Sadia mène la danse, suivie par des personnages de flics attachants (un petit regret : j'aurais aimé voir Sébastien Tourraine un peu plus présent)

La 1ère phrase : "Il y aura les mots et les mutilés. Les blessures, le cartilage, le chaos."

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Beso de la muerte : Gilles Vincent toujours. J'ai beaucoup aimé ce polar à l'intrigue franchement teintée d'histoire. Le roman évolue en aller-retour entre l'Espagne de 1936 et Marseille aujourd'hui. Il est question de secrets d'état et de secrets tout courts, il est question d'amour et de passion et le souvenir du poète Garcia Lorca va mettre en lumière une tragédie bien réelle.

La 1ère phrase : "La poussière soulevée par les pneus de la camionnette formait un large sillon beige, une cicatrice floue au travers la nuit bleutée de Grenade"

 

 

29 janvier 2015

Ami, es-tu là?

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Ami, es-tu là?

Recueil de 3 nouvelles. A partir de 9 ans

Parution janvier 2015

Quatrième de couverture :

« Un truc de malade ! On a une Chinoise à la maison ! Ma mère vient de rentrer du boulot avec les courses et une Chinoise. »

Qu’y a-t-il de commun entre une théière, un sac de voyage et un djembé?

L’amitié, qui surgit quand on s’y attend le moins, au bord d’une route, au bord de l’eau ou tout simplement au bord du canapé !

 

Pour commander cet ouvrage,

contactez-moi par l'intermédiaire de l'onglet en haut à gauche.

8 décembre 2014

extrait de Mesclagne

 

Sur sa langue, le velours du café le ramène au présent. Le bar a changé. Non, il a juste vieilli. Ou bien rétréci. Il ne sait plus. Tout est sombre, comme éteint. Il a gardé dans sa mémoire la lumière joyeuse de ces matins-là. Il faisait toujours beau quand ils allaient au marché. Sa mère le prévenait la veille, dans un souffle. Elle se penchait vers lui au moment du coucher, il respirait le parfum de sa peau et savait que tout de suite après une mèche brune échappée du chignon viendrait chatouiller ses yeux. Elle posait ses lèvres sur sa joue puis remontait doucement vers l'oreille.

- Demain on va au marché.

Le carillon s'agite pour laisser entrer deux ouvriers poudrés de plâtre. Ils parlent fort, s'apostrophent en riant, finissent par jeter un coup d'œil distrait au client silencieux qui les observe.

Il s'agissait d'un secret qu'il fallait bien garder. Il n'était pas question de manifester sa joie par un cri, un mot, un rire. Rien. Une pression de la main sur la main de sa mère, la respiration qui s'accélère. C'est tout. Un secret entre eux. L'autre ne doit rien savoir, rien deviner. Il est affalé dans le salon, enchaîné à sa bouteille, mais il a des oreilles. Silence. Ne pas réveiller la brute. Demain on va au marché parce que le monstre sera parti au lever du jour vers une tâche malheureusement temporaire. C'est une promesse de réveil tranquille. On pourra parler sans crainte dans la maison vidée de haine. On pourra même rire pour une bêtise, pour rien, pour le plaisir. Il faudra se dépêcher, garder un œil sur la pendule, ne pas traîner.

Vite, se débarbouiller dans la cuisine froide, vite s'habiller, vite, se chausser. Du placard il sortira le panier encore trop grand pour lui. Sa mère le lui prendra des mains dans un sourire et posera tout au fond le porte-monnaie. Ils claqueront la porte de la maison avec une légère impatience. Dans la rue, leurs mains se trouveront aussitôt. Demain on va au marché.

 

Extrait de "Mesclagne"

(In "Au cours du marché", Jacques Flament éditions) 

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26 octobre 2014

Dépeçage

 

Depuis plusieurs semaines je vide la maison familiale qui sera bientôt vendue. J'ai passé des annonces sur le site du "Bon Coin", on me téléphone, je donne rendez-vous et je vois défiler des hommes, des femmes, des couples, intéressés par les meubles et les objets que je cède à prix modiques. Certains, des gens d'origine étrangère surtout, apprenant la mort récente de mon père, ont un petit mot gentil. C'est dit simplement mais avec sincérité.

J'ai prévenu au téléphone que je ne pourrai pas aider à porter les objets lourds car je souffre de problèmes de dos, je leur conseille de venir à plusieurs. Je discute un peu avec eux, leur demande ce qu'ils font dans la vie, s'ils ont des enfants. Un jeune couple, jean pattes d’éléphant,  piercing et combi aménagé, emporte une commode et un chevet des années 70. Une jeune femme, portant des lunettes et un hijab, fait preuve d'une énergie incroyable, elle trimballe seule les sommiers, les matelas, toujours souriante. Les trois lits qu'elle emporte sont destinés à ses enfants, deux filles et un garçon. J'ai donné les couettes, les oreillers, les couvre-lits, il ne leur manquera rien. Je me rends compte que je suis heureuse de savoir que ces objets, ces meubles vivront ailleurs, que dans le lit de ma mère dormira une enfant. La vaisselle garnira de nouvelles tables pour d'autres repas de famille, le miroir du meuble de salle de bain s'offrira à celui ou celle qui viendra se coiffer ou se maquiller.

Je concentre les rendez-vous le lundi après-midi, mon jour de repos. En attendant les visiteurs, je continue à vider les meubles de leur contenu, je remplis des sacs et des cartons. Chaque objet fait remonter des souvenirs, je les accueille, je me remplis mais ensuite, dans la semaine, des giclées de larmes surgissent à l'improviste, mon ventre se tord douloureusement et se déleste de ce trop-plein. Semaine après semaine, la maison se vide et moi aussi. Dans chaque pièce, la trace poussiéreuse laissée par les objets qu'emportent des inconnus, dessine les contours d'un pays qui bientôt n'existera plus que dans mon cœur.

Traces 26

21 janvier 2013

Un amour de chat

 

Je ne suis pas dans une phase de lecture aigue en ce moment mais tout de même, de temps en temps je craque sur une gourmandise littéraire. Voilà comment un soir, faisant une crise d'hypoglycémot, j'ai croqué "Le chat" de Hélène Gestern.

Ce chat-là est doux comme une histoire d'enfant, un conte câlin et tendre. Il en a les apparences, le ton, la couleur. On croque, c'est fondant et sucré... mais très vite au fil de la lecture apparait un arrière goût plus subtil et long en bouche.

Cette histoire de chat qui va et vient m'a embarquée plus loin que je ne le pensais. Il est question d'un homme et de son chat. De la relation qui s'établit entre eux au moment de la rencontre, de la découverte des sentiments réciproque, on s'aime, on se le dit, on se le montre. Echanges, caresses, baisers, jeux...

Seulement voilà, avec le temps qui passe les sentiments...passent aussi. Pour lui en tout cas, l'homme, qui garde une conscience aigue des priorités et n'est plus très sûr du bien fondé de cette relation. Son univers personnel est trop perturbé par ce mode de vie à deux. Les émotions du partenaire sont difficilement contrôlables. C'est qu'il y a une vie au dehors, avec des responsabilités, des contraintes, des obligations. D'autres plaisirs aussi. Des plaisirs tout aussi intenses mais plus maitrisables. Finalement ce n'était pas une bonne idée que d'investir dans cette relation. Pourquoi faudrait-il s'embarrasser d'un amour chat?

Sur un air léger et doux, comme le pelage d'un chat, Hélène Gestern suit le fil des émotions de cet homme décidément peu enclin à se laisser aller dans l'inconnu d'une liaison, fût-elle féline! Et même quand le temps des regrets viendra (car il vient toujours, n'est-ce pas?), le chat reste le maître de son histoire...

 

chat

 

23 mai 2013

La main à la pâte

J'ai en ce moment les mains dans la pâte. La pâte des mots. Les mots en purée. Purée de consonnes et de voyelles. Je pétris ma pâte de mots consciencieusement, pour ne rien laisser perdre. Je pétris un peu chaque jour, je laisse reposer quelques heures, j'y reviens, je m'oblige à revenir car parfois je fatigue et serais prête à laisser la pâte sécher, seule, dans un coin de mémoire informatique. Ce serait tellement plus facile de garder les mains propres. Les mains douces et délicatement parfumées. Qu'ai-je besoin de les fourrer dans cette pâte épaisse et collante? 

 

main à la pate

 

4 mai 2013

Que nos vies aient l'air d'un film parfait

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Que nos vies aient l'air d'un film parfait

Caroles Fives  (Editions Le passage août 2012)

 

4 de couv' : Certains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. Années 80. Déferlante rose sur la France. Première grosse vague de divorces aussi. À la télé, Gainsbourg, Benny Hill et le Top 50. Un frère et une sœur sont éloignés. Vacances, calendriers, zone A, zone B. La séparation est vécue différemment par chacun. Chacun son film, sa version, le père, la mère, la sœur. Chacun sa chanson. Un seul se tait, le cadet. Lui, ne parle pas, il attend. Huit ans, neuf ans, dix ans…

Dans les familles, les drames se jouent mais ne se disent pas. Huit ans, vingt ans trente ans… Que nos vies aient l’air d’un film parfait est un livre sur l’amour fraternel, celui qui seul permet de traverser ces années sauvages, ces plages d’enfance.

 

J'ai rencontré Carole Fives lors de sa venue à "Pau Fête le livre" en novembre 2012.  Ce que j'avais lu dans la presse à la sortie de son nouveau roman m’avait donné envie de le lire. J'ai donc assisté à la présentation du livre à la librairie Tonnet et j'ai acheté un exemplaire avec une très gentille dédicace de l'auteure. Ensuite quelques mois ont passé, boulot, écriture, famille, peu de place pour la lecture et puis... un soir, au retour d'une soirée, pas envie de dormir, je saisis l'ouvrage sur une étagère, entame les premières pages et…Carole Fives me doit deux heures de sommeil!!!

J'ai beaucoup aimé ce récit à quatre voix d'un tsunami familial. Divorcer, dans les années 80, ce n'est pas banal. Même si une loi existe il faut inventer de nouvelles règles de vie. Il faut surtout s'adapter à ce bouleversement intime et concevoir une nouvelle configuration de la famille. Pour les personnages de ce roman, ça ne va pas sans mal. Soit un père, une mère et deux enfants, une fille et un garçon. La famille idéale, bien sous tous rapports. Rien à dire, rien à voir. Une belle petite famille. Qui pourtant ne va pas échapper à la catastrophe.

C'est la fille qui prend la parole en premier pour évoquer ce drame. Elle parle pour elle et pour son petit frère, trop jeune pour saisir d'emblée la gravité des faits et qui pourtant restera marqué à vie. Viennent ensuite la parole du père et de la mère. Chacun raconte son vécu, son point de vue. Quatre voix éparpillées par l'éclatement de la cellule familiale. Quatre voix pour un même évènement, quatre point de vue qui redonne à ce divorce une densité, une épaisseur charnelle que la douleur et le silence avait masquée.

D'une écriture précise mais néanmoins sensible, Carole Fives donne la parole à ses personnages sans pathos ni mièvrerie. Elle ne juge pas, elle raconte une histoire familiale qui marque la fin de l'insouciance pour les enfants, ballotés d'un parent à l'autre, pris en otage par les sentiments. Au fil des chapitres courts,  l'auteure rassemble les pièces du puzzle familial, donnant à voir un ensemble à jamais dispersé.

Ce n'est pas un roman triste, ce n'est pas un roman gai. C'est un roman qui parle de nos vies.  Nos vies que l'on voudraient parfaites.

 

24 janvier 2014

Au fil des pages...

Depuis 2 mois, entre le boulot, les fêtes et l'écriture, j'ai peu de temps pour lire, alors je fais la part belle au format court.

 

Honneur à la Reine, Alice Munro, que je retrouve toujours avec un plaisir égal : des histoires de femmes, jeunes et moins jeunes, saisies dans leur vie de tous les jours, avec mari, enfants, famille, amis et dont la vie, au détour d'une action qui peut sembler banale, va basculer. D'une écriture simple mais dense, qui semble se perdre dans les détails du quotidien, l'auteure mène toujours son lecteur là où elle le voulait!

J'avoue que l'émotion déclenchée par ces nouvelles m'a conduite à ne pas les lire les une derrières les autres mais plutôt en pointillé,  afin de les digérer l'une après l'autre. Et (c'est là que l'on reconnait un grand écrivain, non?) certaines résonnent encore dans un coin de ma tête.

 CONFIDENCES ET SOLITUDES DE PLUS EN PLUS COURTES

"Confidences et solitudes..." (Thierry Radière, Jacques Flament Editions, 2013)

Thierry est un collègue d'écriture, nous fréquentons les mêmes éditeurs! J'avais aimé écouter son "murmure des nuages", j'ai aimé découvrir ses nouvelles teintées d'une douce mélancolie qui sombre parfois dans la folie!

 "On ne peut pas continuer comme ça" (Anne Marie Garat, In8, 2006)

Je me suis laissée embarquer dans cette nouvelle qui oscille entre rêve et réalité. Après une énième dispute conjugale, le narrateur prend la route malgré la fatigue d'une nuit blanche. Soudain, un panneau attire son attention... D'une écriture soignée, l'auteure conduit son histoire aux frontières du réel.

"Interdit aux moins de 12 ans" (Alexandra Bitouzet, illustrations Lili Cameau,Gros textes, 2013)

Ames sensibles, s'abstenir! J'ai découvert l'univers d'écriture Alexandra dans ses deux premiers recueils de nouvelles, publiés chez Emoticourt. Voilà une auteure qui se fait un devoir de ne pas laisser de répit au lecteur! Pour Alex, la vie n'est certainement pas un long fleuve tranquille, et elle le dit... cash! Il vaut mieux voir les choses en face : si vous cherchez une lecture apaisante, reposante,  passez votre chemin!Le cocktail des mots d'Alex et des dessins de Lili est vraiment explosif!

Description de l'image

"Dernier round" (Jean-Pierre Campagne, Tempo éditions, 2013)

Voilà un petit livre bouleversant! Il s'agit du récit des derniers moments d'un fils (l'auteur) et de son père. Que reste-t-il à faire quand soudain le brouillard de la maladie estompe la mémoire familiale? Ecrire!

Une écriture légère et musicale pour ce court roman qui m'a touchée, même si parfois, j'ai eu le sentiment qu'il manquait un peu de vie (de chair, de sang!) à cette histoire. Ici, l'avis de lecture d'Asphodèle.

 

29 avril 2013

Dans quel état est Benoit Camus?

verre brisé Appel à contributions : Dans quel état êtes-vous quand vous donnez vos textes à lire (éditeurs, amis...) si vous aussi vous voulez évoquer cet état si particulier, propre à chaque auteur, écrivez un texte et venez le partager (en m'adressant un mail)
Je vous propose de reprendre l'incipit suivant : "Lorsque j'envoie un texte (à un éditeur, à un ami)..." et ...c'est à vous!

Benoit Camus, auteur et blogueur vient partager son état avec beaucoup d'humour!


Lorsque j'envoie un texte à un éditeur ou un organisateur de concours, il arrive que je sois accompagné.

— Qu'est-ce que t'envoies ? m'interroge, dans ces cas-là, ma fille aînée.

Elle me prend l'enveloppe des mains, lit l'adresse, soupire.

— Ça raconte quoi ?

— Oh, ben...

— J'suis sûre que c'est hyper noir.

— Non, justement, j'ai fait plutôt rigolo !

— Oh non ! s'exclame-t-elle, désespérée. Tes trucs "drôles", c'est encore plus horrible que tes  histoires à se flinguer. Pourquoi t'écris pas quelque chose de normal ?

— De normal ?!!

— Ben oui, avec ce genre de textes, personne te sélectionnera.

Elle me désigne d'un geste consterné l'enveloppe.

— Ça dépend. J'ai déjà... Y en a, à qui ça...

— Ouais...

Elle me regarde, narquoise, genre « tu m'en diras tant ! ». et devant mon air dépité, m'indique la boîte aux lettres devant laquelle je finasse.

— Ouais... Bon... De toute façon, maintenant que tu l'as écrit, envoie-le !

J'hésite. Le glisse dans la boîte. Après tout, c'est vrai : maintenant que je l'ai écrit et empaqueté...

L'avantage : grâce à ma fille, aucune déception à craindre ; je n'en espère plus grand chose.

27 avril 2013

Dans quel état est Laurence Litique?

verre brisé Appel à contributions : Dans quel état êtes-vous quand vous donnez vos textes à lire (éditeurs, amis...) si vous aussi vous voulez évoquer cet état si particulier, propre à chaque auteur, écrivez un texte et venez le partager (en m'adressant un mail)
Je vous propose de reprendre l'incipit suivant : "Lorsque j'envoie un texte (à un éditeur, à un ami)..." et ...c'est à vous!

 

Laurence Litique,

artiste peintre et écrivain, accepte de partager ses impressions.


Lorsque j'envoie un texte à un éditeur, je me dis « pour le meilleur ou pour le pire ! »  Enfin, plutôt pour le pire : le meilleur de l’écriture et de la joie, de l’enchevêtrement des mots, étant déjà derrière.

Dans le pire – et la majeure partie – des cas, je n’aurai pas de réponse. Ou une réponse négative sans autre précision que « Nous avons le regret… » … « notre ligne éditoriale… » Ah, la ligne ! En ont-ils lu une seule de mon roman, de mes nouvelles, au moins ?

Nous sommes nombreux. Ils n’ont pas le temps les éditeurs disent-ils. OK OK je sais !

Dans un pire moins profondément ancré, mon texte pourrait plaire. Mais « nous ne publions que peu d’ouvrages par an et… », et ils en reçoivent à la pelle des manuscrits comme le mien.  OK OK, on sait ! Même si « comme le mien » est la preuve intrinsèque qu’ils n’ont pu, au mieux, que le survoler, mon manuscrit…

Dans le meilleur du pire, éventuellement, mon texte pourrait être… pourrait être, oui, oui, re te nu ! Vous avez bien entendu : R E T E N U. Hip hip hip, Yeah ! Mon Texte, RETENU!

Fierté et vanité, gloire à moi, faire un livre de mon texte, de mon roman, de mes nouvelles, un livre en vrai, tout en papier et couverture cartonnée. Summum et paroxysme ! Alléluia !

Oui, mais ! Il y a forcément un Mais. Parce que c’est là que les abominables tractations commencent. L’éditeur, qui a choisi mon texte parmi des milliers d’autres, qui n’en a pas écrit une seule ligne, commence subitement à le trouver moins bon. A lui trouver un tas de défauts. A vouloir décortiquer là et là. A détricoter les côtes et les mailles torses pour en faire un vulgaire point mousse.  «  Ca, là, vous voyez Madame l’auteure, ce n’est pas vendeur ! » Ah nous y voilà : l’argument de taille, qui va lui permettre n’importe quels amputations et raccommodages. Avec  son grain de sel en prime, pas forcément grain de style !

Et là, horreur, malheur, ma fine et délicate dentelle patiemment fuselée risque de basculer dans un vulgaire travail manuel pour club de mémères à doigts gourds en panne d’inspiration. Mon thé aux fragrances orientales devenir un bol de chicorée. Mes amoureux de Paname enlacés, seuls au monde dans la rue des Soupirs, se transformer en grotesques touristes mêlés à la foule s’extasiant devant une tour Effel…  J’en passe…

Pour le meilleur ou pour le pire disais-je ? L’angoisse de mon texte bafoué me prend à la gorge, me vrille les entrailles.  Comment ai-je pu à ce point omettre de le protéger ce texte, de me protéger, en le soumettant ainsi à un regard superficiel et cupide ? Il va être bafoué, oui bafoué, c’est certain.

La machine infernale de la décomposition-recomposition est lancée. Il faut justifier d’un style face à une volonté commercialisante. Des deux, qui va l’emporter ? L’éditeur qui s’emporte ? L’auteure qui proteste ? S’ensuivra sans doute une sorte de compromis, bouillie-marmelade qui ne sera ni de l’un ni de l’autre.

Et l’éditeur de se plaindre de l’orgueil de l’auteure et l’auteure de pleurer ses mots perdus, son écriture, ses fleurons disparus, s’en sortant tout poussifs et éraillés, son texte ne lui appartenant déjà plus, prête à s’insurger contre sa propre compromission.

Au bout du compte qui ne fait le compte de personne, l’auteure ayant laissé entamer sa plume, corrompue pour quelques espèces sonnantes et trébuchantes, est taraudée par une lancinante interrogation : était-ce bien elle la géniale auteure du siècle ?

De guerre lasse, elle balaie la question sur le champ, se promettant que jamais plus elle ne livrera sa poésie en pâture, que jamais plus elle ne vendra son âme au diable.

Même pour une couverture en bonne place sur les étals…

J’ouvre les yeux, le cœur au bord des lèvres, un nœud dans le ventre : l’enveloppe épaisse est là, sur la table, prête à être postée.

 

7 décembre 2012

Pour vous!

Noël, J-18.

Vous avez inscrit sur une feuille de papier des prénoms. En face de chaque prénom, un espace blanc que vous cherchez à remplir: trouver le cadeau qui fera plaisir.

Je veux bien vous aider. Parce que je suis comme ça, une fille gentille, et vous n'en doutiez pas!

Voici 2 livres à commander depuis chez vous, sans affronter la foule hurlante des grands magasins.

2 livres qui ont fait leur preuve auprès de nombreux lecteurs, avec un taux de satisfaction plutôt élevé (ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les lecteurs!)

 

 recueil faby

"Au cours du marché"

Un recueil de nouvelles tendrement piquantes qui embarque le lecteur dans les allées du marché. Le mien, le vôtre, celui qu'on a tous connu. On y croise un militaire grognon, un fils respectueux, un couple juste marié, une gamine essoufflée et d'autres encore, dont certainement votre voisine ou votre voisin.

L'ouvrage est peu encombrant, facile à transporter et à emballer.

Pour obtenir un ouvrage dédicacé, me contacter par le biais du blog ("contactez l'auteur"!)

 

 

IOA encadré 

"Ici, on aime"

Un recueil de nouvelles vachement tendres qui bousculent les certitudes du lecteur sur l'amour, le vrai, le faux, celui qu'on a eu ou qu'on n'aura jamais. Ça commence avec un couple enlacé au lit et ça finit avec une fille sonnée sur son lit.

L'ouvrage bénéficie d'un taux d'émission de Co2 ridiculement bas et ne génèrera aucune poussière sur les étagères du récipiendaire.

 

13 novembre 2012

Le vase où meurt cette verveine

le vase où

Le vase où meurt cette verveine

Frédérique Martin. Ed Belfond septembre 2012

La 1ère phrase : " Ma très chère femme, comment a débuté ce grand bazar?"

La 4 de couv' : Parce que leurs enfants ne peuvent les accueillir ensemble lorsque Zika doit aller se faire soigner le cœur, Joseph et sa femme se retrouvent séparés après plus de cinquante-six années de vie commune. Lui est accueilli chez son fils Gauthier à Montfort, elle chez sa fille Isabelle à Paris. Commence alors entre eux une relation épistolaire qui voit s'éloigner la perspective de leurs retrouvailles et se déliter leur univers. En se rebellant contre cette séparation forcée, Zika et Joseph découvrent la face cachée de leurs enfants et leurs propres zones d'ombres. Jusqu'au drame final, ou ils devront affronter le désastre humain qu'ils ont engendré.

Je connais Frédérique Martin depuis quelques années, par l'intermédiaire de son blog. J'avais lu certaines de ses nouvelles (dont son recueil "l'écharde du silence", prix Prométhée de la nouvelle) et j'ai eu le plaisir de la rencontrer l'an dernier sur le salon du livre de Pau.

J'avais aimé dans ses nouvelles sa sensibilité à mettre en lumière les fêlures de l'âme humaine. Lors de la parution du roman, j'avoue que j'ai d'abord été attirée par le titre!  Je le trouvais d'une grande poésie et je me demandais ce qu'il pouvait bien annoncer comme histoire. Je peux dire après avoir lu ce roman qu'il contient une certaine dose de poésie... mêlée de sensualité et de violence. C'est une histoire de chair et de sang, d'amour, de haine, de vie, de mort.

Cette verveine-là, en apparence apaisante, plonge en réalité ses racines dans le passé des héros pour faire exploser le présent. Joseph et Zika s'aiment avec passion depuis plus de 50 ans et restent unis, malgré leur âge, par un lien d'une force insoupçonnable. La mise en danger de ce lien, due à leur séparation imposée, va entrainer un chaos familial aux conséquences terribles.

Frédérique Martin signe là un roman original et puissant. Elle trouve les mots justes pour évoquer ce couple vieillissant mais toujours amoureux, prêt à tout pour mettre fin au calvaire de l'éloignement. Trop occupés à entretenir la flamme de leur amour, Joseph et Zika restent aveugles aux souffrances de leurs propres enfants. Les conséquences de ce défaut d'amour seront terribles.

Après avoir lu ce roman, vous n'aurez peut-être plus jamais envie de boire une tasse de verveine!

 

17 octobre 2012

Deux filles à lire...

Deux filles, que je viens de lire l'une après l'autre.

Deux filles qui jouent avec les mots, qui jouent au milieu des mots.

Deux filles qui plantent le décor en quelques phrases, esquissent à l'encre un univers, un personnage, une scène.

Deux filles qui laissent les princesses à leurs contes et parlent de vous, de moi, du monde tel qu'il va. Pas vraiment bien, n'est-ce pas?

Deux filles, Annie et Alexandra, deux styles, deux voix d'écriture.

Pour Annie, le ton est plutôt doux, parfois chuchotant, comme le ressassement des pensées de ses personnages. 3 histoires tissées avec finesse autour de la solitude. Je me laisse bercer par les mots, je m'approche d'une femme ou d'un homme au creux du jour ou de la nuit et soudain tout bascule. Les sentiments déchirés font surface et me laissent au bout de la page, avec en bouche une saveur douce-amère.

J'ai beaucoup aimé la nouvelle intitulée "Sous le pommier", dont les mots tourbillonnent comme les feuilles d'automne emportées par le vent.

Pour Alexandra, le ton est plus vif, le rythme des phrases plus tendu. Les mots claquent à vif, à cru. 5 histoires de femmes emportées dans un tourbillon de sentiments. Je me laisse embarquer au fil des pages, je découvre 5 portraits de filles au destin contrarié; ça chiale, ça crie, ça déborde de vie, d'amour, de haine. C'est humain et ça prend aux tripes sans détour.

Mes 2 nouvelles préférées : "Face à face" et "Ma brave dame"

 

Je connaissais déjà Annie, et j'ai retrouvé avec émotion ce ton si particulier qui la caractérise.

J'ai découvert Alexandra dont c'est le premier recueil publié (sûrement pas le dernier).

Deux filles lues avec un égal plaisir dont les recueils de nouvelles sont publiés chez Emoticourt.

 AS CT


 

 

 

11 mars 2013

Le ton, c'est bon!

 

D'abord vient une idée, quelque chose de pas forcément bien précis. Pour moi c'est souvent une image qui vient chatouiller mes neurones. Une photo, un tableau... Ou bien alors il s'agit d'écrire sur un thème pour répondre à un appel à texte. Donc, pendant plusieurs jours, qui peuvent s'agglutiner en semaines, je rumine ce thème, je le remâche pour mieux m'en imprégner.

Puis vient le moment de démarrer sur le papier. Une phrase, une autre, encore une. Tenter de rendre le jus de la rumination. Régurgiter.

Ce n'est pas "joli" pour le moment. Ça coule un peu en vrac. Ça part dans tous les sens. Je creuse le truc, un coup à droite, un coup à gauche. La matière s'accumule, les pages, réelles ou virtuelles, se remplissent. Mais il manque quelque chose. Il faut organiser tout ce matériau. Lui donner de l'unité. Il faut trouver le ton.

Chaque texte a sa propre tonalité. Chaque narration a sa couleur. Sur quel ton raconter cette histoire? Je cherche, je réfléchis, je fais des essais. Et puis ça vient! Le ton est trouvé, je le sais quand je le vois. Je sais que c'est comme ça qu'il faut raconter cette histoire. Comme ça et pas autrement. Alors commence le travail de réécriture mais ça, c'est une autre histoire!

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3 septembre 2012

Retour sur mes lectures d'été 2

PF

La 1ère phrase : "Un ordinateur au repos joue un air de tango"

 

Le sujet de ce court roman ne m'était pas familier, je craignais même que mon ignorance ne parasite ma lecture. Il n'en fut rien. Dès les premières pages, je me suis laissée entrainer dans le sillage de Sofia, une jeune fille élevée dans un cercel familial protégé, qui pourtant cherche à connaître la vérité sur sa naissance.

Quelques paroles trop vite prononcées lors d'un repas de famille sont venues amplifier les doutes qui la taraudaient depuis déjà longtemps sur ses origines. Maintenant, elle veut savoir. Un test sanguin suffira. Ensuite, il s'agit de se montrer patiente. Quelques semaines à tuer, un voyage dans le temps et l'espace.

Sofia accepte d'ouvrir les yeux sur l'histoire sombre de son propre pays. Il y a 20 ans, que se passait-il donc dans les prisons de la junte militaire? Que devenaient les bébés nés en captivité? Sofia regroupe lentement les pièces du puzzle familial. Peu à peu, tout en traversant le pays pour le découvrir d'un oeil neuf, elle visualise une réalité ressentie mais inavouée jusque-là.

J'ai apprécié la lecture de ce roman à l'écriture simple, presque sèche, au service d'une narration prenante. J'ai deviné la volonté de l'auteure de témoigner d'une réalité historique et politique. Mais loin de tenir un propos pédagogique, Félicie Dubois trace d'une plume sensible le portrait d'une jeunesse écorchée par un passé trouble et trop longtemps tu.

 Ici le site de l'auteure : http://www.feliciedubois.com/index.php

2 septembre 2012

Retour sur mes lectures d'été

 

EC

La 1ère phrase : "La nuit d'avant la vague, je me rappelle qu'Hélène et moi avons parlé de nous séparer."

Nouveau coup de coeur pour un ouvrage de cet auteur. Quelle empathie, quelle humanité chez Carrère! Il raconte des vies ordinaires, de vraies vies, pas de fiction et pourtant j'étais passionnée en lisant ces récits. Ni pathos, ni pitié, juste la réalité, terrible.

Carrère part de lui, de son histoire personnelle, pour mieux parler des autres. Il n'hésite pas à exposer ses propres angoisses, justement réactivées par ces 2 tragédies qui traversent son existence en peu de temps. Carrère n'a pas joué au simple "conteur" d'histoires dramatiques, il a bien joué un rôle de passeur, puisqu'il a lui même traversé ces épreuves.

Il met en lumière, de son écriture dépouillée, les drames qui ont bouleversé sa propre vie au moment où son couple se délitait. Il met ses mots au service d'êtres humains emportés dans la tourmente du chagrin. A quelques mois d'intervalles, 2 Juliette, l'une inconnue, l'autre faisant partie de son cercle familiale, trouvent la mort dans des circonstances terribles.

Carrère décide de témoigner de ces "vies ordinaires". S'il ne peut pas effacer les tragédies, il peut au moins donner à ces vies broyées une sorte d'éternité.

L'auteur n'utilise aucun artifice, il explique même sa démarche d'écrivain, comment il a collecté les témoignages au fil des mois, ses propres réticences à écrire sur "la matière vivante" de sa famille.

Un livre chargé d'émotion qui témoigne de la force de l'amour.

Pour en savoir plus :

http://www.telerama.fr/livres/emmanuel-carrere-d-autres-vies-que-la-mienne,40300.php

 

26 novembre 2012

3 jours au Salon

Retour sur l'évènement de cette semaine : Pau Pyrénées fête le livre.

Changement de lieu : le salon est organisé autour de la nouvelle médiathèque, à deux pas des Halles. 3 chapiteaux abritent  plus de 70 exposants et près de 150 auteurs.

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Vendredi

15h30 : je rejoins mes camarades des Noires de Pau, nous installons le stand sous le chapiteau. Déjà, les premiers visiteurs sont là. J'ai tout de même le temps d'aller saluer les autres exposants, libraires ou éditeurs.

17h30 : je file à la librairie Tonnet, tout près de là, pour aller écouter Carole Fives parler de son 1er roman, "Que nos vies aient l'ait d'un filme parfait". C'est une grande fille brune, cheveux longs, frange courte au-dessus d'un regard doux et curieux. J'arrive avec un peu de retard, la séance a commencé, l'auteure lit un extrait, trop vite, en oubliant de respirer. A ses côtés, une "assistante" mène la rencontre, pose des questions. Carole Fives est plus à l'aise pour parler de la genèse de son livre, elle sourit facilement en plissant les yeux, interpelle les personnes présentes. Je suis touchée quand elle évoque Laurent Mauvignier, un auteur qu'elle semble apprécier. Moi aussi.

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20h30 : En route pour le buffet offert aux exposants, j'apprends que je suis conviée à ouvrir le bal des interviews d'auteurs assurées le lendemain soir par l'équipe de l'émission de radio Matéo andco.

Matéo radio

Samedi

13h30 : je déjeune sur le pouce avec une copine puis je fais le tour des 2 autres chapiteaux. Retour sur le stand des Noires de Pau, ambiance musicale assurée avec la performance musicale d'un duo de choc : Heymoonshaker. Du bon son, un rythme qui pousse à bouger les pieds. J'approuve des deux oreilles!

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Tout au long de l’après-midi, belle affluence, les ventes se succèdent, c'est bon pour les finances de l'association!

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18h30 : En piste pour la radio! Me voilà aux côtés de Matthieu Lamarque et ses chroniqueuses, jouant le jeu des questions-réponses. Je présente le concours des Noires de Pau puis je parle de ma première expérience de publication numérique chez Emoticourt.

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Dimanche

14h : Je rejoins mes camarades et très vite les visiteurs affluent. Il y a donc encore des lecteurs curieux de venir à la rencontre des auteurs! Sur le stand, les stylos circulent pour dédicacer à tour de rôle nos recueils collectifs. Sur la scène voisine, les « agitateurs de lune » font un retour remarqué. Le duo se transforme en trio avec l'intervention d'un clarinettiste. Ambiance jazzy, j'aime!

18h30 : C'est la fin, les livres ont rejoint leurs caisses de stockage, on échange quelques poignées de main agrémentées de commentaires sur ces 3 jours. La fête du livre 2012, c'est fini. Rendez-vous en 2013!

Pau la republique

 

 

 

2 juillet 2012

Semaine du 25 juin au 1er juillet

sushi


Lundi 25/06 : Un lundi au soleil, Nounours Chéri et moi-même flânons à petits pas dans les rayons de la Fniak, puis nous déjeunons d'une assiette de sushi en terrasse. Un lundi 100% repos, c'est bien!

 

Mardi 26/06 : Le facteur me porte enfin l'enveloppe tant attendue! Deux exemplaires, à lire attentivement. Je la pose sur mon bureau, attendant le moment de pouvoir lire ...attentivement.

 

Mercredi 27/06 : Chaleur caniculaire. Pendant ma pause, je reste au frais en lisant et corrigeant les nouvelles de mes camarades des Noires de Pau qui feront partie d'une prochaine publication jeunesse.

 

Jeudi 28/06 : Terminé "Du son sur les murs" le 1er roman d'un auteur palois, Frantz Delplanque, publié au Seuil. C'est un polar original (un tueur professionnel tente de profiter d'une retraite bien méritée), léger (pas de sérial killer découpant ses victimes au rasoir ou toute autre horreur), animé (ça flingue dans tous les coins mais proprement, façon "tontons flingueurs"), local (l'action se déroule sur la côte landaise et dans les Pyrénées), musical (références musicales très fouillées de la part de l'auteur, un peu trop pointues pour moi, d'ailleurs). En conclusion, un bon polar pour se détendre.

 

Vendredi 29/06 : 14h45 sur ma page FB, je poste un petit mot annonçant mon souhait d'acheter une liseuse numérique et je demande des conseils.

14h53 : Je supprime le billet. Pourquoi? Parce que j'ai eu peur de la réaction de mes amis virtuels!!! Et ça n'a pas manqué! Un premier commentaire venait d'être déposé qui disait en substance "Ah! Non, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi!!!"

 

Samedi 30/06 : Sans rien demander à personne (!) je surfe sur les sites de liseuses numériques pour me faire une idée du produit. Je pense passer à l'acte dès réception de mes droits d'auteur sur les ventes de mon 1er recueil de nouvelles!!!

 

Dimanche 1er/07 : J'ai paraphé et signé mon nouveau contrat d'édition. Il repartira à Paris demain. Il me tarde de vivre la suite de l'aventure!

 

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