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L'atelier de Fabeli

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L'atelier de Fabeli
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22 mars 2010

Dimanche 28 mars...

...je serai là

affiche_1267520765_tyrosse

sur le stand des Noires de Pau,

avec mon amie Frédérique,
pour rencontrer des lecteurs
et partager autour du "Noir"

livres_NDP_1

Livres_NDP_2


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13 mars 2010

Auto-portrait à 7 heures du matin

pinceaux_1Femme, 46 ans, cheveux châtain, yeux marron, taille et poids moyens, nez droit, lèvres fines, pas de signes particuliers, juste une petite tâche sous l’œil gauche, mariée, deux enfants, travaille dans la vente, écrit des histoires qu’elle voudrait lire à haute voix, n’aime pas les petits pois, ni le coca, apprécie de recevoir des amis à dîner le dimanche soir, privée de sa mère à trente ans, regarde grandir ses filles, les trouve belles, aime par-dessus tout les entendre rire, choisi ses lectures avec gourmandise, peut rester des heures dans une librairie à caresser du papier, préfère regarder les choses en face et se débarrasser des corvées en premier, tente de se faire une bonne vie, avec du sentiment et de la douceur, se sent belle dans le regard de ceux qui l’aiment, a un peu peur de vieillir et ne passe pas son temps à regarder les photos d’avant, se débrouille avec une lucidité parfois encombrante, n’a pas toujours été sereine, ne l’est toujours pas, n’envisage pas vraiment de le devenir, ne cherche rien d’autre que ce qu’elle trouve en chemin.

Préfère cacher ses rêves pour ne pas les faner à la lumière du jour.

© Fabeli février 2010



22 février 2010

Parce qu’elle le valait bien

Coffret de 4 nouvelles paru en 2009

Collection la porte à côté - Editions In8

 

Quatre histoires de femmes très différentes. Blanches ou noires, jeunes ou vieilles, grosses ou maigres. Des femmes, tout simplement.

Des femmes qui aiment, qui doutent, qui souffrent, qui osent…

4 styles, 4 voix, 4 univers décalés.

 

Mortel embonpoint Cédric Simard

Le début...« Tanaka aime les grosses. Oui, il les adore même »

Streep tease Agnès Fonbonne

Le début...« Ça c’est vrai, il sent mauvais Dédé, je peux pas dire le cointraire »

Tête nue Fantah Touré

Le début...« Depuis que je suis installée dans cette maisonnette au bord de la mer, je dors un peu mieux »

Qui peut savoir Pierrette Vergès

Le début...« Devant le restaurant, soudain, j’éprouvai une gêne. »

J'ai lu avec beaucoup de plaisir ce recueil, intriguée par ces 4 histoires si différentes mais qui donnent toutes à voir des femmes attachantes.

Ajout du 05.03.10 :Pour répondre au commentaire de Stéphanie...

J'ai accroché avec toutes les nouvelles. Peut-être, un peu plus de difficulté avec "Qui peut savoir" dont l'écriture, très hachée, m'a un peu destabilisée. Je ne la trouvais pas en rapport avec la narratrice.
Quant à ma préférence, elle va à "Tête nue", dont le thème et l'écriture sensible et dépouillée m'ont touchée.
Pour "Streep tease", je me suis laissée totalement emmenée dans le quotidien étouffant de cette narratrice débordée par son Dédé, jusqu'à la chute (une vraie chute de nouvelle!).
Enfin, "Mortel embonpoint" m'a amusée par son côté subversif, même si la fin est plus convenue.

Je ne veux pas dévoiler davantage ces 4 histoires. Ce sont de courtes nouvelles et si je parle trop, j'aurai vite fait de vendre la mèche et de gâcher le plaisir de futurs lecteurs!!!



Fin de la pause, je reviens ... mercredi, avec la nouvelle du mois!

 

6 février 2010

"Il y a un temps pour tout"

J'aime cette petite phrase qui me donne à la fois de l'espoir mais aussi du courage pour me mettre au travail.

Il y a un temps pour tout, un temps pour finir le projet que l'on s'était fixé, un temps pour acheter de grandes enveloppes sur lesquelles on écrit d'une main un peu tremblante (si, si!) mais appliquée des adresses soigneusement sélectionnées. Un temps pour poster les enveloppes. Et maintenant commence le temps de l'attente...

Mais attendre comme ça, les bras ballants, non, très peu pour moi. Puisqu'il y a un temps pour tout, le temps de se remettre au travail est venu.

Souvenez-vous, je vous l'ai dit , je voudrais écrire des histoires d'amour.

C'est mon nouveau projet !!! Des histoires d'amour à ma sauce, et tant pis si le rose n'est pas ma couleur préférée. On verra bien ce qui en sortira...

Il y a un temps pour tout, un temps pour écrire, et pour ça justement, j'ai besoin de temps.

Alors il va falloir m'excuser mais là, tout de suite,
je vais prendre quelques vacances de blog.
Je ne peux pas être partout, n'est-ce pas,
et comme je me vois mal me mettre en vacances de mon rôle
de mère, d'épouse et de salariée,
je vais au plus facile, je mets
l'Atelier en pause !!!


Parce qu'il y a un temps pour tout...si vous me cherchez, je suis làPICT1445


A bientôt et merci à tous pour votre fidèle soutien.

2 février 2010

Dis Fabeli, qu'est-ce que tu vois ?


 

52poisson

Je vois un bureau en désordre.

Je vois mon nouveau bureau en grand désordre.

Je vois trois dictionnaires, un dictaphone, une agrafeuse, des feuilles volantes très importantes, un carnet à secret, un pot à mots et un pot à crayons.

Je vois mon ordinateur, mémoire fidèle et si fragile.

Je vois un nom sur un bout de papier, très important, ce nom. Ne pas l'oublier.

Je vois deux livres lus et un poste de radio muet, une boite à senteur et un calendrier dont je vais tourner la page.

Je vois des fragments de poèmes collés au mur, devant mes yeux, et une liste de concours que je ne pourrais pas tenir.

Je vois la photo de mes filles et un poème, écrit par l'une d'elle.

Sur la tapisserie, quelques poissons affairés ne s'occupent guère de mes habitudes.

Je vois mon univers d'écriture et j'en suis fière.

 

© Fabeli 02.02.10

 

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31 janvier 2010

Si on me le demandait...

grenouille_verte

Votre mot préféré?

Merci

Le mot que vous détestez?

Massacre

Votre drogue favorite?

Lire en mangeant

Le son, le bruit que vous aimez?

le son de l'eau, petite rivière ou grand océan


Le son, le bruit que vous détestez?
le vacarme de l'aspirateur !


Votre juron, gros mot ou blasphème favori?
Zut

non, vraiment, je ne vois rien d'autre :-)


Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque?
Moi, toi, nous, tous!


La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné?
Une grenouille.
 
Et le soir, assise sur mon nénuphar,
j
e vous raconterais des histoires...


Le métier que vous n’auriez pas aimé faire?
Boucher!


Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire?
Tu veux du papier et un stylo?


27 janvier 2010

Un pépin pour Lechat (6/6)

-Alors, Lechat, cette enquête?

-C'est confus, chef! Tout le monde a tout vu, personne ne sait rien… j'ai plusieurs suspects, bien sûr, mais…

-Mais quoi, Lechat? Il n'y a pas de mais. Vous avez vu la nouvelle circulaire? Les quotas, Lechat, les quotas! OSS 2010. Objectif Super Sécurité pour 2010. Une arrestation par homme et par jour.

-Oui, chef, je sais bien, mais…

-Lechat, vous êtes un garçon intelligent. Votre carrière. Vous la voyez, votre carrière? Un bureau. Vous en rêvez d'un bureau. Un bureau à vous tout seul, avec une machine à café, un micro ondes. Finie la mal bouffe de la cantine, les crapahutes sur le terrain! OSS 2010. Un jour, un homme, un coupable. Et grouillez vous! Le concours, c'est en septembre. Avec un bon dossier…Vous n'êtes pas tout seul à vouloir un grade de brigadier-chef. Pas tout seul! Regardez Monier, la petite qui vient de rentrer. Elle en veut, Monier, elle en veut!

-Chef! Une arrestation, je veux bien, moi! Mais je ne vais pas en pêcher un par hasard pour nourrir des quotas!

-Je ne me suis pas bien expliqué, Lechat?

-Si, si, chef, j'ai bien compris. OSS 2010, chef!

 


 

Ah! Monsieur l'agent! Alors, des nouvelles? … Si c'est pas malheureux de voir ça! C'est un quartier tranquille, ici, des braves gens. Tout le monde connaît tout le monde, pas de méchanceté, pas de malveillance. On se croyait à l'abri de ces choses terribles qu'on voit à la télé. Mais là, avec ce qui s'est passé ce matin, c'est le début de la fin.

Déjà que les affaires sont difficiles. On paye à droite, on paye à gauche, on travaille plus pour payer plus, et après, qu'est-ce qu'il nous reste après? Les yeux pour pleurer!

Vous allez le retrouver, ce bandit?

…Comment ça, c'est difficile? … Il faut être sûr? … Des preuves?

Bien sûr que j'ai des preuves! Trente ans! Voilà trente ans que tous les matins j'installe ma camelote devant la boutique. Trente ans que je monte des piles tirées au cordeau. Les plus belles du quartier! Un secret de famille, transmis de génération en génération. C'est toute une technique, monsieur l'agent, c'est mathématique. Tout vient de la base. Avec une bonne base, vous montez aussi haut que vous voulez.

Quand je suis rentré préparer la commande de monsieur Gérard, le patron du Berlingo, la pyramide, elle était parfaite. Parfaite! Tout en haut, il y avait cette grosse orange, magnifique. Je l'avais gardée exprès pour la fin. C'était beau! Même que j'en ai eu les larmes aux yeux.

J'ai pas honte de mon travail, moi, monsieur. On peut être épicier de quartier et aimer le travail bien fait. C'est de famille! Vous auriez vu les piles de loukoums que montait ma mère les jours de fêtes! Une merveille! Je me souviens, tout petit, je me glissais dans la cuisine, au milieu de toutes ces femmes, ma mère, mes sœurs, mes tantes. Je tétais l'odeur sucrée des pâtisseries mêlée au parfum troublant des peaux féminines. L'amour du métier, je l'ai chopé là, coincé dans l'angle de la cuisine, fasciné par ces mains agiles et ces bouches bavardes.

Alors, quand je vous dis qu'à neuf heures l'orange était là, c'est qu'elle était là, tout en haut de la pyramide. Et à neuf heures et quart, elle n'y était plus. C'est bien une preuve, ça?

 

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©Fabeli

26 janvier 2010

Un pépin pour Lechat (5/6)

Madame Estelle Lange, 2ème étage, porte B.


Non, maman n'est pas là, elle est au coiffeur. Vous avez trouvé le coupable? Vous allez l'arrêter? Vous avez des menottes? Des vraies? Pas comme celles de maman, celles qui sont dans la table de nuit, en plastoc. Elle dit, maman, que c'est au cas où, pour les cambrioleurs. En plastoc! Ils vont rigoler, les cambrioleurs, surtout quand ils verront maman avec sa mini jupe en faux cuir et son soutien-gorge assorti. Elle dort des fois comme ça, maman. Je l'ai vue. Lui dîtes pas, hein!


C'est pour le coup, chez Momo, que vous êtes là? Il est gentil, Momo. Et un flingue? Vous avez un flingue? Un pistolet, quoi! Il est caché où? Vous allez arrêter Momo, c'est le borgne qui l'a dit tout à l'heure, à la poste. Maman attendait un colis. Elle m'a donné la boite pour faire un garage, celle là, la rouge, avec du papier bulle. J'aime bien le papier bulle, ça pète. Pan! Pan! Il a rien fait Momo. Il me donne des bonbons, plein. Et il fait des sourires à maman, plein aussi. Sauf quand il y a du monde dans la boutique. Je pourrais pas vous aider? Vous savez, comme dans les films, on resterait caché dans une voiture, avec du café et des cigarettes, et…

Non, j'ai rien vu, j'étais même pas là. Je dormais chez Tante Amélie. C'est pas ma vraie tante. C'est juste une copine à maman. Je vais dormir chez elle quand maman a trop de travail. Ma maman, elle est consolatrice. Elle console les messieurs qui ont un gros chagrin, elle leur raconte des histoires au téléphone. Je ne dois pas écouter aux portes. C'est vilain. Je regarde la télé. Moi, ce que je préfère, c'est les films policiers. Pan! Pan! Avec du sang partout!

Je commence quand? … Ben, à vous aider!

©Fabeli

A suivre...

25 janvier 2010

Un pépin pour Lechat (4/6)

Madame Isabelle Pichevin de Champsac, 1er étage, porte A


Une enquête de voisinage? Une enquête sur les voisins? Vous ne manquez pas d'air, jeune homme! Vous me soupçonnez, moi, d'avoir… C'est un comble! Enfin! Réfléchissez un peu! On doit bien vous apprendre à réfléchir dans votre école de police!

 

Comment? … Vous cherchez des indices, des témoignages? Et vous croyez vraiment que vous allez trouver ça dans mon salon? Dans quel monde vivons-nous! Mon défunt mari me le disait toujours "Isabelle, le monde marche sur la tête!"

 

Oui, bien sûr que je connais l'épicerie qui est en face. Non, je ne la fréquente pas. J'ai gardé mes habitudes rue des trois pigeons. Jusqu'à la mort de Victor, nous avions un très bel appartement en haut de la rue, un quartier très bien, très calme. S'il n'y avait pas eu cette histoire stupide, cette femme qui a surgi de nulle part, avec ce testament. Une poule, une vulgaire poule, une figure badigeonnée de couleurs, un corsage indécent. Ce pauvre Victor, toujours trop généreux, une proie si facile!

 

Ici, c'est très correct, je ne dis pas. Les gens sont aimables comme madame Neuve, qui est bien courageuse avec sa pauvre maman.

 

C'est peut-être un coup des communistes! Victor disait toujours "ma chère, les communistes sont partout!" Je me demande…ce monsieur Duboeuf, avec sa barbe et son regard, un regard noir. Il ferait partie d'un complot, ça ne m'étonnerais pas. Il reçoit des gens chez lui, tard le soir, qui portent des cartons, de la propagande subversive sans doute. Je les croise dans le hall, quand je rentre de nos soirées paroissiales. Depuis que ce jeune abbé est arrivé, je ne manque pas une seule réunion. Il fait preuve d'un enthousiasme si… communicatif!

 

Je regrette monsieur l'agent, de ne pouvoir vous en dire davantage. J'espère que vous mettrez la main rapidement sur ce voyou. C'est insupportable, cette insécurité permanente. Si Victor était là…

©Fabeli

A suivre ...

24 janvier 2010

Un pépin pour Lechat (3/6)

Monsieur Marcel Castagne, 1er étage, porte B


Entrez, brigadier! Ça suffit, Bosco! Couché! Pas méchant. Il impressionne, c'est tout. Couché, Bosco ou je t'en colle une. C'était le bichon de ma femme. S'est barrée, j'ai gardé le clebs.

 

Vous auriez dû venir tout de suite. Moins de temps perdu. Des incapables. Partout. Comprennent rien à rien. Ne cherchez pas. Rien à trouver. Personne. Fait un moment que je l'observe. Malin, roublard. Comme tous les autres.

 

Quarante mois là bas. Kabylie. Ouhadia. De la caillasse. Cagnard le jour. Frigo la nuit. Mon œil et trois doigts. Une grenade. Salauds. A cinq jours de mon départ. Vermine. Ça rampe sans bruit, invisible, muet. De vrais serpents. Je fume une clope avant la relève, je pense au pays, Albi, la maison derrière la cathédrale. Sylvie que je dois marier. Boum! Un œil et trois doigts. Salopards.

 

Celui là, je l'ai à l'œil depuis le début. Quand il a ouvert sa cahute sur le trottoir. Un vieux Citroën bricolé. La boutique, c'est venu après. Le sens des affaires? Mon œil, oui! Filou et compagnie. La grande arnaque.

 

Ne cherchez pas, rien à trouver, personne. C'est lui! Magouille et remagouille. Devriez en parler aux impôts. Et aux "stups" aussi. Des camions, le soir, un peu tard. Espagne, Portugal, Maroc. Le rideau déjà tiré. Dit que c'est des fruits et légumes. Plutôt du trafic, import-export, drogue, cocaïne, traite des blanches. Ma main à couper. Tous pareils. Mensonges. Trahison. Terroristes.

 

©Fabeli

 

 

A suivre...

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