02 septembre 2012

Retour sur mes lectures d'été

 

EC

La 1ère phrase : "La nuit d'avant la vague, je me rappelle qu'Hélène et moi avons parlé de nous séparer."

Nouveau coup de coeur pour un ouvrage de cet auteur. Quelle empathie, quelle humanité chez Carrère! Il raconte des vies ordinaires, de vraies vies, pas de fiction et pourtant j'étais passionnée en lisant ces récits. Ni pathos, ni pitié, juste la réalité, terrible.

Carrère part de lui, de son histoire personnelle, pour mieux parler des autres. Il n'hésite pas à exposer ses propres angoisses, justement réactivées par ces 2 tragédies qui traversent son existence en peu de temps. Carrère n'a pas joué au simple "conteur" d'histoires dramatiques, il a bien joué un rôle de passeur, puisqu'il a lui même traversé ces épreuves.

Il met en lumière, de son écriture dépouillée, les drames qui ont bouleversé sa propre vie au moment où son couple se délitait. Il met ses mots au service d'êtres humains emportés dans la tourmente du chagrin. A quelques mois d'intervalles, 2 Juliette, l'une inconnue, l'autre faisant partie de son cercle familiale, trouvent la mort dans des circonstances terribles.

Carrère décide de témoigner de ces "vies ordinaires". S'il ne peut pas effacer les tragédies, il peut au moins donner à ces vies broyées une sorte d'éternité.

L'auteur n'utilise aucun artifice, il explique même sa démarche d'écrivain, comment il a collecté les témoignages au fil des mois, ses propres réticences à écrire sur "la matière vivante" de sa famille.

Un livre chargé d'émotion qui témoigne de la force de l'amour.

Pour en savoir plus :

http://www.telerama.fr/livres/emmanuel-carrere-d-autres-vies-que-la-mienne,40300.php

 

Posté par fabeli à 09:25 - - Commentaires [5] - Permalien [#]