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Je suis abonnée à la revue "Lire". Je lis aussi de temps en temps "Le magazine littéraire" mais je ne paye pas pour ça. Je l'emprunte à la médiathèque. Parce que dans celui-ci, je ne comprends pas tout, c'est un magasine intellectuel (pour moi). Alors, ça m'ennuie un peu de payer.

Dans "Lire", ça va, j'arrive à suivre. Avec plaisir, même.

Je commence par le début, l'édito de François Busnel. J'aime bien François Busnel, je crois l'avoir déjà dit.

Ensuite je passe à la chronique de Frédéric Beigbeder. J'avoue, je n'ai jamais lu un livre de Beigbeder. Au début, je n'aimais pas le personnage, trop superficiel et décalé pour moi. Et le peu de pages feuilletées par-ci par-là ne me donnait pas envie d'approfondir.

Mais je dois reconnaître que ses chroniques me font souvent sourire. Cette fois-ci, dans le numéro d'avril, il brode autour du dernier livre de Jean Philippe Toussaint, "l'urgence et la patience".

Extraits :

D'un côté, il faut une urgence... On écrit comme on tombe amoureux : un livre s'impose à soi... On aurait peut-être aimé écrire autre chose... on avait une meilleure idée... Il [l'écrivain] n'a qu'un livre à écrire, celui qui sort de son ventre."

"...La patience. Pour bien écrire il faut savoir attendre... On imagine souvent l'écrivain au travail comme un glandeur inquiet de se faire poser un lapin par les Muses : c'est exactement ça... Ecrire suppose du temps, de l'ennui, du silence, de la solitude... Ecrire, c'est aussi se retenir d'écrire."

"... quelle angoisse épouvantable. Rendez-vous compte : un écrivain est un dingue qui doit travailler sans travailler, un fou qui doit agir à la fois vite et lentement..."

"Aujourd'hui, moi...j'attends l'urgence. Merci à Toussaint de me fournir une bonne excuse... Sachez qu'un romancier affreux, sale et méchant, allongé sur une banquette à quatre heures du matin est avant tout quelqu'un d'extrêmement patient."