30 octobre 2011

Portrait de la nouvelle

ondongo-quatre-hommes-fatigues-vig
Quatre hommes fatigués

(Nicolas Ondongo)
gravure sur cuivre
1955

J'aime écrire des nouvelles (oui, je sais, ce n'est pas un scoop!). J'aime aussi parler des techniques d'écriture de la nouvelle. Mais quand je trouve une personne qui dit aussi bien ce que je pense sur le sujet, je me tais et j'écoute...


" LA NOUVELLE OU LE VISAGE AFFUTE DE L'HOMME EN FORME"
(Jean Noël Blanc)

"La nouvelle est un texte bref (...) La brièveté est affaire de nerfs, et de muscles exacts. Rien à voir avec ces exercices de musculation auxquels condamnent les 500 pages d'un "best-seller" pour l'été, où la rédaction est à l'écriture ce que le culturisme est à la culture.

La nouvelle est un genre plus sportif : elle a le visage affûté de l'homme en forme comme on dit dans L'Equipe (...)

Pour certains elle s'apparente à la gymnastique au sol : tous les mouvements, enclos dans un temps limité, trouvent leur sens et leur aboutissement dans la perfection de la sortie. La beauté de la chute y mesure la valeur de l'ensemble du travail.

Parfois la chute est une pirouette.

Parfois elle a plus de gravité : quelque chose s'y brise.

Je préfère pour ma part une autre métaphore : modestie des moyens, économie des gestes, vigueur du trait, justesse du tracé - la vivacité de la nouvelle est celle du croquis.

Une touche de couleur, une indication de ligne, la trajectoire d'un mouvement qui se dessine, l'énoncé d'une attitude prise d'un trait, le caractère enlevé d'une esquisse, et tout est dit. Le geste effaré est retenu, l'émotion est saisie : il y a du saisissement dans l'art de la nouvelle.

Elle tient du dessin, quand le roman tient de la peinture.

Dire le moins pour suggérer le plus.

Rien de plus difficile que cette épargne.

D'abord, il faut savoir cadrer. C'est-à-dire éliminer. Le cadrage se définit d'abord par ce qu'il écarte du champ de vision (...)

La nouvelle est un genre éminemment technique.

Sa peur n'est donc pas celle de la page blanche. C'est bien plutôt le vertige de la page déjà noircie.

Écrire d'abord. Puis supprimer. Condenser. Réécrire. Gommer. Corriger l'excès. S'arrêter quand il n'y a plus rien à ôter.

Il reste toujours quelque chose en trop. Horreur de relire une nouvelle quand elle est imprimée : tant de lourdeurs, tant de verbiage, tant de graisse.

Par crainte d'être bavard, gratter la phrase : viser  l'os (...) Lorsque c'est réussi, le texte a la clarté d'une gravure sur cuivre : la franchise, la précision et l'audace d'un premier jet, sans qu'y apparaisse le moindre repentir.

Le trait mord.

Alors la pointe sèche évite la sècheresse. Un rêve passe, l'émotion s'y fait entendre, en sourdine. Point d'autre secret que la morsure du trait.

 (...) L'idéal : que le texte de la nouvelle se mette à travailler le lecteur, insidieusement. C'est-à-dire que le texte travaille, et reste en bouche longtemps après la lecture. Que, malgré le mot "fin", on ne l'oublie pas, à la fin."


 

Je ne connais pas cet auteur (j'ai trouvé son site par la magie des "lianes" d'internet) mais je sens que je vais m'y intéresser dans les prochains jours...

 

Posté par fabeli à 09:35 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

19 octobre 2011

Valises d'histoires

Me voici de retour de mon voyage au salon du livre de Bordères avec un nouveau recueil de nouvelles: "Les p'tites Noires font leurs valises" édité par les Noires de Pau dans la collection jeunesse.

11 nouvelles qui entrainent le lecteur autour du monde, 11 voyages passionnants, surprenants, amusants, angoissants...

bordères recueil 2011

J'ai participé à ce recueil avec une nouvelle intitulée "Caminando".

Isa est en vacances avec ses parents. De drôles de vacances, sac au dos et chaussures de marche aux pieds pour arpenter un chemin de terre. Pourtant, au fil des kilomètres, Isa va faire une rencontre enrichissante et résoudre un mystère étrange!

Posté par fabeli à 08:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
14 octobre 2011

J'aime les salons!

Je ne sais pas chez vous mais chez moi (Pau et sa région) l'automne est synomyme de salon du livre.

Dans le cadre des mes activités au sein des Noires de Pau, il est d'usage que je fasse salon!!!

Après avoir fait un "Aller retour dans le Noir" il y a 15 jours, je suis allée dimanche dernier aux journées du livre d'Orthez. Et ce dimanche, je serai aux Frissons de Bordères, salon du livre jeunesse très bien fréquenté.

affiche-2011jpeg

J'aime les salons du livre! J'aime accrocher le regard du chaland, le voir s'approcher de notre stand, effleurer les couvertures en écoutant mes arguments chocs!
J'aime ces échanges autour du livre, de l'écriture. Comme par exemple avec cette petite mamie de 91 ans, dimanche dernier. Après avoir discuté du précédent recueil qu'elle a lu, elle choisi comme "Les Noires...d'un mur à l'autre". Je passe le livre à mon voisin Jean Claude qui a signé l'une des nouvelles pour qu'il lui fasse une dédicace. Tout en bavardant, Simone (la petite dame de 91 ans) me glisse que c'est justement aujourd'hui son anniversaire. Alors je fais le tour de la table et je vais l'embrasser, tout simplement! Et notre Simone est repartie toute contente avec son livre, dédicacé par jean Claude qui n'a pas manqué de lui souhaiter lui aussi un bon anniversaire par écrit!

Voilà pourquoi j'aime les salons du livre!

 

Posté par fabeli à 09:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
06 octobre 2011

Du polar plein les yeux

Samedi et dimanche dernier, j'ai pris du Noir plein les yeux!

2 jours passés sur le salon du polar de Pau, un Aller Retour dans le noir.

Samedi, journée de folie avec l'organisation de la remise des prix du concours de nouvelles des Noires de Pau. J'ai eu enfin le plaisir de faire la connaissance des lauréats de la catégorie jeune. 7 filles et 2 garçons, tout étonnés de se retrouver en train de dédicacer le recueil de nouvelles qui réunit leurs textes!!!

Dimanche, j'ai pu profiter davantage du salon. J'ai même mangé une glace* en compagnie de l'auteur Marin Ledun pour parler de son dernier roman, "les visages écrasés", qui évoque le monde du travail et la souffrance générée par les nouvelles méthodes de management. Je suis sûre que je vais le lire!

2 jours dans le Noir, riches d'émotions et de rencontres, j'aime ça!!!

Dimanche prochain je serai au salon du livre et d'Orthez et le dimanche suivant aux Frissons de Bordères, salon du livre jeunesse pour lequel les Noires de Pau publieront un recueil de nouvelles: "Les p'tites Noires font leurs valises".

*L'originalité de ce salon, c'est de donner la possibilité de rencontrer les auteurs autour d'un café, d'une glace ou même lors d'une aller-retour dans le funiculaire!

Posté par fabeli à 07:48 - - Commentaires [2] - Permalien [#]